Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 11:28

Il vaut mieux être seul que mal accompagné!






Certaines nations étant venues avec une trop grosse délégation au conseil, avaient été obligées de camper à la bordure d’Héliopolis. Les Shintô montèrent leur tente à la clairière des coquelicots. Cette clairière portait bien son nom puisque seule cette fleur poussait en abondance. Ce qui lui donnait une atmosphère sulfureuse entre passion ardente et vulnérabilité à fleur de peau. Endroit privilégié où les amours naissaient, se transcendaient et se fanaient au rythme des saisons. De la simple conquête prépubère emprunte de naïveté et de charme à celle plus torride et délictueuse des adultères. C’est pourquoi cet endroit apparaissait aussi pour les plus chastse comme l’antre du mal. Qui vous charme pour que vous succombiez au fruit défendu. Et ce soir là n’était pas prévu le rouge passion des plaisirs charnels mais plutôt le rouge sanguinolent du sang versé. Une toute autre joute tout aussi charnelle se préparait. Uesugi et Mimanoto son plus fidèle samouraï enduisait les bras de deux jeunes moines du substance à la senteur particulière. Celle-ci attirerait inéluctablement à eux deux Mantes religieuses géantes afin d’assouvir leur soif de protéine. Car si il appartient aux us et coutumes de certifier du cannibalisme de la mante religieuse après avoir copuler, il s’avère que ce n’est pas toujours le cas. Les conditions d’études se faisant la plupart du temps dans des vivariums ne laisse effectivement pas le choix à la femelle puisqu’il ne lui reste plus sous la dent, en source protéinique que son amant. Mais dans la nature, l’épilogue peut se révéler différent. Le male, si il a la présence d'esprit de ne pas s'attarder à dorloter peut se soustraire aux mandibule de sa femelle qui le désire jusqu'à dans sa chaire. Elle assouvira alors son besoin organique avec une proie qu'elle ne manquera pas de trouver dans la nature. Que dire alors du scientifique en herbe qui se délecte de la décapitation de cett animal innocent. A se demander si celui-ci ne cherche pas lui-même à assouvir un besoin morbide, tout aussi ancré dans sa chair. Lui donnant un sentiment de toute puissance puisque il pouvait infléchir le destin de cette pauvre bête si il désirait par charité l'enlever de sa cage. Mais qui au nom de la science laissera la prédiction se réaliser. Espérons simplement alors que ceux qui sont au dessus de nos têtes ne se prête pas à la même expérimentation en nous ayant mit dans un vivarium plus gigantesque. Et qui savoure à leur tour le spectacle que nous offrons dans nos boucheries guerrière. Et qui prône à leur tour que le cannibalisme de l'homme réside dans de l'auto mutilation sans réel besoin vitale, si ce n'est de réguler sa population. Démontrant ainsi que le résultat d'une expérience n'est valable que selon les conditions dans laquelle elle a été menée. Conduisant à des a priori ancrés pour des générations. Quoiqu'il en soit, le cannibalisme des mantes religieuses représentait le matriarcat. Et les Wicca auraient très bien put prendre cet animal en emblème mais ce fut les Shintô qui sublimèrent cette espèce pour deux raisons. La première pour sa contribution à l'épanouissement d'une bonne moisson. Ennemies naturelles des prédateurs des récoltes, elles s'avéraient de formidable tutrices pour l'éclosion des jeunes pousses. La deuxième raison résidait dans son art du combat. La vivacité dont elle projetaient leurs pattes avant pour transpercer l'adversaire se révélait d'une technique redoutable. Les Samouraï Shintô étudièrent à la loupe cet art qui déboucha sur le Tang lang quan, technique de combat dite de la mante religieuse. Et afin de rendre véritablement hommage à ces combattantes, ils entreprirent d' accroître leur gabarit. Ils les transmutèrent d'abord avec des cheveux afin de grossir leur taille. Puis au fil des générations ils gommèrent les gènes des équidés pour qu'il ne reste que la prépondérance de la morphologie des mantes religieuses. Les Shintôs remplacèrent donc leur destrier par ces nouvelles montures, bien plus efficaces puisque qu’ elles pouvaient combattre à leur côté,  trancher dans le vif, décapiter l'ennemi avant même que le Samouraï ne sorte son Katana. Sans compter qu'elles pouvaient effectuer de long bond et se retrouver dans les lignes arrières, ce qui faisait la hantise de tout ennemi puisqu'il devait faire face à une attaque frontale ainsi qu'un soudain assaut aérien. Imaginez une nuée de mantes religieuses géantes bondissant dans tous les sens avec sur leur dos des cavaliers tous aussi lestes,  qui au passage en profitaient pour couper quelques têtes. Mais ce soir les deux mantes religieuses serviraient de partenaire d'entraînement d'un type particulier. Les deux adolescents Shintôs se devaient d'abattre ces adversaires pour ne pas subir une fin funeste. Les Samouraïs privilégiaient ce type d'entraînement plus que réaliste car à leurs yeux, un entraînement sans véritable enjeux se révélait beaucoup moins efficace. Car si certains pensaient que la voix de la diplomatie menait forcement à la paix, d’autres se préparaient déjà à la guerre.
" Ne pensez vous pas que nous aurions du attendre le retour chez nous pour continuer l'entraînement?" Demanda Mimanoto.
" Si les prédictions de notre Bouddha sont exacts, il ne nous reste plus beaucoup de temps pour nous préparer au pire." Répondit Uesugi.
" Certes mais nous ne sommes pas à l'abri d'un accident et tous nos meilleurs hommes médecines sont restés au pays." Surenchérit Mimanoto qui ne trouvait pas raisonnable cette mise en situation.
" Inari et Honen le savent! A eux de faire en sorte de ne pas en avoir besoin." Trancha Uesugi qui ne plaisantait jamais sur la rigueur d'un entraînement. A l'aide de son Katana, Uesugi trancha le lien qui retenait les deux mantes. Appâté par les hormones mal déposées sur les deux adolescents, elle se dirigèrent instinctivement vers eux pour satisfaire leur appétit de protéine. Inari et Honen dégainèrent à leur tour leurs sabres. En tant qu'apprentis, ils portaient le kimono rouge des moines Shinto en attendant de choisir leur véritable orientation entre guerrier et bonze. Les deux devaient passer par un entraînement de l'art de la guerre ainsi que celui de la méditation pour décider ensuite de leur domaine de prédilection. La spécialité des guerriers Shintô résidait dans la préméditation des mouvements de l'adversaire. A force d'entrainement ils parvenaient à ressentir les ondes énergétique séparant deux êtres. Permettant ainsi d'estimer la trajectoire d'une action et d'ajuster sa réaction en fonction de cette déduction,  et ainsi faire corps avec son adversaire et déterminer ses propres mouvements non contre lui mais avec lui, pouvant donner l'impression d'un partenariat avec un danseur de tango. Une des leçon de Maître Uesugi stipulait:
" Aucun mouvement n'est prédéfini. Tu dois te laisser guider par l'adversaire, danser avec lui. Sers- toi de l'axe de ton corps ainsi que de son poids. Ne t'interpose pas avec force. Ne cherche pas à le manœuvrer avec tes bras mais avec l'action imperceptible de ton centre de gravité. Tout est question de trajectoire et si tu arrives à garder l'équilibre de ton axe sur celui qui cherche à le briser, alors tu prendra le dessus. Tu pourras le mener où bon te semble et interrompre cette danse avec la plus grande des fluidité."
C'est avec ces paroles en tête qu'Inari affronta la mante religieuse qui se voyait déjà danser avec lui un tango funèbre. Le couvrir de baiser postmortem et lui arracher les bras pour se régaler d'avance de protéine qui viendront reconstituer un apport énergétique nécessaire pour porter ses œufs. La mante propulsa sa patte acérée afin d'embrocher sa proie. Aussitôt Inari sauta par dessus cette faux de la mort tandis que son camarade se baissait pour éviter une attaque similaire de la deuxième mante religieuse. Sans attendre son reste, la première mante envoya sa deuxième patte dans l'espoir cette fois-ci de couper en deux sa victime. Inari réagit tout aussi adroitement en exécutant une torsion de son buste sur l'arrière. Il se trouvait à la limite du déséquilibre. Afin de compenser le poids de son corps qui risquait de le faire chuter sur le dos, il plia fortement ses jambes. La patte de la mante effleura le nez du jeune garçon mais cela ne le déstabilisa pas. Il se redressa avec la souplesse d'un chat et trancha à l'aide de son Katana la patte de l'insecte. Il effectua ensuite un demi tour sur lui-même en agrandissant sa position afin de se rapprocher plus rapidement de sa cible. Ce qui lui permit aussi grâce à la force centrifuge, de donner de l'élan à son arme. Une fois son déplacement effectué, il continua son mouvement en déployant son bras. La lame du Katana aussi affutée qu'un rasoir décapita la mante sans même qu'elle puisse esquisser un mouvement de retrait. Le jeune moine pouvait être fier de lui, il démontrait à ses maîtres qu'il venait de mettre un pied dans la strict voix du guerrier. Avec un bémol tout de même car le précepte principal des guerrier Shintôs était de tuer l'adversaire en un seul coup. Et il en avait fallu deux à ce jeune guerrier pour parvenir à ses fins. La leçon n'était donc pas complètement assimilée. Par contre le deuxième disciple venait de rater l'examen puisque il venait de se faire perforer la jambe par l'autre mante religieuse. Il hurlait de douleur car sa cuisse transpercé de part en part se trouvait clouée au sol par la puissance de la patte venue se ficher dans la terre. Inari ne vit pas l'action mais la ressentie par les ondes énergétiques. Il se rua alors au secours de son camarade. La mante prête à achever sa proie interrompit son action lorsqu'elle vit ce trouble fête fondre sur elle. Aussitôt elle dégagea sa patte de sa victime pour harponner ce deuxième alvin. Elle prit la position spectrale en se dressant sur ses pattes arrière et en ouvrant largement ses ailes en éventail. Ainsi déployé sa carrure était impressionnante. Sans compter qu'elle exhibait les faces antérieures de ses pattes ornées de taches qui ressemblait étrangement à des yeux. Elle se servait de ce leurre afin de mieux tromper l'adversaire et le surprendre plus facilement mais Inari en tant qu'homme averti ne tomba pas dans le piège. A nouveau avec l'agilité d'un félin, il exécuta un saut perieux et atterrit à califourchon sur le cou de la mante. Celle-ci qui avait le potentiel de faire pivoter sa tête à 180 degré regarda cette fois-ci Inari droit dans les yeux. Mais ce ne fut que pour voir l'étincelle dans son Iris qui clamait: " Game Over." La tête de la faucheuse tomba à terre avant le reste de son corps et Inari effectua une roulade avant afin de ne pas subir la chute de l'insecte. Heureusement pour Honen que cette fois-ci, Inari parvint sur cette séance de rattrapage à appliquer le dogme du coup unique des guerrier Shintôs. Usuegi qui avait assisté à la scène n'était qu'à moitié satisfait tandis que Mimanoto paraissait résigné.
" Voila, cela fait un de moins sur lequel on pourra compter." Conclut Mimanoto en parlant d'Honen sachant pertinemment que celui-ci n'était pas prêt de reprendre du service.
" Peu importe! Ceux qui ne sont pas prêt ne nous seront d'aucune utilité! Pour les autres soit ils sont capable de sortir leur épingle du jeu dés à présent, soit ils iront directement à leur mort." Répliqua Usuegi imperturbable. Les deux Samouraï entreprirent ensuite d'apporter les premiers soins au jeune moine blessé qui sous l'extrême douleur avait perdu connaissance.









La beauté du sanctuaire Wicca ne laissait aucun doute et les appartements de la Geb Sephiroth étaient à l'image des lieux. De somptueuses tentures représentant des scènes animalières tapissaient les murs. Le lys de lierre sur lequel elles reposaient donnait soit un fond de couleur vert l'été, soit de couleur rouge l'automne. Les nombreux bonzaï donnaient quant à eux l'impression de se trouver dans une forêt éparse dans laquelle évoluait des géants. Toutes cette végétation attirait bien sur une multitude d'insectes dont les Wicca se faisait un devoir de laisser proliférer. Les dizaines de fontaines miniatures aux cotées des bonzaï apparaissaient comme des cascades dont l'écoulement continu apaisait l'atmosphère. Elles faisaient échos à la volupté du thé qu'une servante Wicca versait dans des tasses. La prêtresse mère et Apollonius assis dans des fauteuils en pierre brute, attendaient religieusement la fin du service. Avant de rentrer dans le vif du sujet, la Geb utilisa les affabilités d'usage:
" Je suis vraiment heureuse de te voir parmi nous. Au fil des ans, je pensais ne jamais te revoir." dit-elle.
" J'avais besoin de prendre du recul, faire un bilan sur ma vie, mes convictions... mais aujourd'hui le devant de la scène semble me réclamer. Et si ça n'avait pas été le cas, je t'aurais rendu visite avant que le temps ne nous sépare définitivement. Mais à ce que je vois, le temps à beau s'égrener... il ne réussit pas à te flétrir." Répondit Apollonius.
" Toujours aussi flatteur Apollonius mais j'ai bien peur que le temps ne s'égrène à présent à rebours et ne nous fasse revenir à l'âge sombre de Gaïa." Plaisanta à moitié la Geb.
" Je vois que le pessimisme ambiant te contamine." constata Apollonius qui sentait dans le ton ironique de la prêtresse mère un brin d'inquiétude. La servante Wicca avait quitté la pièce. Il ne restait plus que les deux gardes postés à la porte. Dans ce semblant d'intimité, Apollonius en profita pour demander:
" Dis moi? Que t'a t-il prit d'ordonner une enquête contre Zosime? Vu notre implication, cela risque de se retourner contre nous. Mon Magister m'a déjà interpellé tu sais."
" Je n'ai pas eu le choix mon ami. Face à la pression des autres nations et à Zosime de plus en plus entreprenant, il fallait prendre des mesures pour s'octroyer un léger répit." Justifia la prêtresse mère.
" Oui mais si Zosime tombe, il nous emportera certainement dans sa chute." Insista Apollonius.
" Tu te trouves dans la même ignorance que le conseil. Je fais surveiller Zosime depuis notre différent. Même si c'est de loin, mes espionnes me font part de rapport fort inquiétants. Tu ne te doute pas de la puissance qu'il a acquis." dit la Geb en se levant. Elle frappa alors dans ses mains pour ordonner à ses gardes de sortir de la pièce. Une fois cette totale discrétion instaurée, la Wicca allait pouvoir en dire plus. Mais face à cette soudaine intimité, Apollonius en profita:
" Que t'arrive t-il? Tu t'es enfin décidé à perdre ta virginité?" Demanda t-il. Mais cette attitude désinvolte ne détendit pas l'atmosphère. La réalité de la situation ne le permettait pas.
" Je ne plaisante pas Apollonius! J'ai de plus en plus peur! Si je fais surveiller Zosime, il semble qu'il fait de même. A la différence que ses sources semble bien plus précises que les miennes. A tel point que j'en arrive à ne plus avoir confiance à mes meilleurs Sephiroth. Ce n'est pas un possible procès qui me fais peur mais la perte de Lilith." Informa la Geb.
" Jamais il n'arrivera à gangrèner la fidélité de tes guerrières. Je peux t'assurer pour en avoir fait les frais que jamais elles ne tomberont sous l'autorité d'un homme." Certifia Apollonius. Cette affirmation ne rassura pas la prêtresse mère qui semblait sceptique. Elle n'osait le dire à Apollonius mais elle avait bien réussi à soustraire Lilith des griffes de Zosime grâce à la complicité de son plus proche apprenti. Celui considéré comme son fils, alors pourquoi Zosime ne parviendrait-il pas à soudoyer ses plus proches Sephiroth? Le problème avec l'homme, c'est qu'on ne sait jamais sur quel pied danser. Il est capable du meilleur comme du pire. Ce qui le rend complètement insaisissable. Le seul indice qui pouvait trahir celui capable du pire, c'est qu'il est souvent animé par la soif de pouvoir ou de richesse. Qu'il se trouve souvent en orbite autour de gens influents afin de tirer la couverture à soi. Et si il parvient à ses fins, alors ses premières mesures seront de tirer bénéfice de la situation. De s'augmenter et de s'assurer une retraite dorée en se justifiant bien évidement sur les avantages acquis de ses voisins. Il fera profiter une partie de ses avantages au seul pouvant le remettre en question afin de museler toute critique. Ou bien, il se servira du vieil adage oh combien vrai du diviser pour mieux régner. Et si il excelle dans le pire, alors il combinera les deux solutions. Tandis que celui capable du meilleur trouvera toujours trop cher payé ses services puisque à ses yeux ce qui l'enrichi ce n'est pas un quelconque salaire mais que ses actions apportent un plus à son prochain. Sans se poser la question de quoi il subsisterait le jour où son salaire ne serait plus versé puisqu'il aura la conviction que la relève sera assurée. Et que si ce n'est pas le cas il dira:
" Tant pis, le principale c'est que j'y ai cru." Apollonius après sa phase du pire se trouvait dans le meilleur. Il guérissait souvent les gens pour une bouchée de pain. Cela lui permettait de lobotomiser son passé et ce retour dans les sphères dirigeantes faisait office de greffe. Un retour aux sources était donc possible. Tout semblait le diriger dans ce sens. Il se trouvait dans la même situation qu'un alcoolique qui n'avait pas touché une goutte d'alcool depuis des années et à qui on demandait de lever son verre au nom de l'amitié. La Geb Sephiroth au lieu de respecter son vœu d'abstinence n'allait pas seulement lui proposer de trinquer mais de prendre la cuite de sa vie.
"Je ne sais pas comment fait Zosime mais il est au courant des moindre faits et gestes de Lilith. J'ai beau la cacher dans les tréfonds d'Héliopolis, il parvient toujours à retrouver sa trace. La dernière fois il a failli l'enlever sous mon nez." lui apprit la Geb Sephiroth en allumant un encens. L'alchimiste se leva à son tour et rejoint la prêtresse près de l’autel sur lequel brûlait l'encens.
" Et ben dit donc... On n'a pas l’air de s'ennuyer chez toi." Répondit Apollonius qui cherchait encore à égayer l'ambiance mais qui encore une fois fit face à l'incompréhension de la Wicca qui le toisa:
" Lorsque tu veras les ravisseurs, tu riras certainement jaune!" dit-elle sèchement. Elle se dirigea ensuite derrière l'autel laissant presque Apollonius sur place.
" Viens donc dans mon excavation, je les ai fait embaumer afin de les conserver." Convia t-elle en tirant sur un morceau de bois. Cette branche usée semblait sortie de nul part et prête à se désagréger au moindre contact. Mais elle ouvrait en faite l'entrée d'un passage secret. Apollonius se rapprocha bouche bée. Il est toujours enchanteur d'assister à la découverte d'un endroit dont peu de gens connaissent l'existence. Les jardins secrets recèlent toujours une part d'intimité qui excite la curiosité.
" Et ben... me montrer ce passage c'est comme me dévoiler tes dessous." Affirma Apollonius stupéfait.
" En arriver aussi bas te montre à quel point je suis désespérée." rétorqua la Geb qui invita son interlocuteur à entrer.
" Après toi." Encouragea t-elle. Apollonius s'engagea dans la descente d'escaliers en colimaçon. Des torches accrochées aux murs diffusaient une lumière appropriée.
" Aucun homme n'a jamais mis les pieds ici. J'espère pouvoir te faire confiance comme par le passé." averti la prêtresse mère qui en profitait pour faire référence aux liens qui les liaient.
" Ma confiance se reflète sur l'amour que j'ai pour toi." Répondit Apollonius qui ne pouvait s'empêcher de laisser s'exprimer son côté séducteur. La Geb Sephiroth lui donna aussitôt le change:
" Ne cherche pas à me flater par ton amour impossible. Je sais pertinemment que tu es un homme à femme et non l'homme d'une femme. Épingler la Geb Sephiroth à ton palmarès serait pour toi la consécration de ton magnétisme et non un réel désire d'amour." Souligna t-elle afin de montrer qu'elle était loin d'être dupe et que jamais elle ne succomberait à de telle avance. Car l'amour qu'elle vouait pour son culte s'avérait bien au dessus d'un quelconque sentiment souvent précaire. Son affirmation eut pour conséquence de calmer les ardeurs d'Apollonius qui continua la descente dans un mutisme peu habituelle de sa part. Les escaliers débouchèrent dans une vaste salle dans laquelle des cases funéraire étaient aménagérs contre les murs. Incrustés dans la pierre des noms apparaissaient, tous en caractère d'or. Au centre de la pièce des sarcophages se dressaient tels des stèles en attente d'être honorer. Trois d'entre elles étaient recouvertes d'un drap blanc. Apollonius était au courant des rites funéraires des Wicca. Il savait que toutes les Geb Sephiroth ainsi que les plus grandes prêtresses étaient embaumées et entreposées dans des chambres funéraires mais il n'avait jamais imaginé que cela puisse être dans les appartements même de la Geb. Il fut extrêmement ému de se trouver dans ce lieux saint par excellence. Son caractère bon enfant se taira  pour laisser place à un respect des plus pieux que requérait la situation.
" Je suis touché que tu me permette de poser le pied dans ce sanctuaire." dit-il en toute humilité avant de continuer.
" J'ai toujours entendu dire que vous réussissiez à conserver vos morts mais je me suis toujours demandé par quelle sorcellerie vous arriviez à ce prodige." déclara t-il. La Geb qui se trouvait prêt d'un des sarcophage recouvert d'un drap, s'apprêtait à tirer sur le voile qui dissimulait une vérité difficile à concevoir.
" Ce n'est pas de la sorcellerie mon ami. Simplement un art transmit de génération en génération. Tu te sers de ton ki pour pratiquer ta médecine mais la momification appartient à une pratique ne faisant pas appel aux quatres éléments. Celle-ci est née bien avant la découverte de la magie. Par contre celui qui a engendré cet O.G.M. culmine à l'apothéose de sa sorcellerie." Avertit la prêtresse mère en tirant sur le drap. Une fois le voile levé sur la nature du sacrilège commis, Apollonius resta de marbre. Un sentiment entre peur et fascination le submergeait devant cette création. Il reconnu tout de suite la marque de fabrique de son ancien mentor. Seul son génie avait pu matérialiser une idée aussi extravagante dans un laps de temps aussi court. Restait à savoir combien de ces O.G.M. servaient ses ambitions. Bien sur l'interdit ancestral de mélanger les gènes de l'homme à l'animal provoquait comme tout péché un sentiment de honte, de culpabilité envers le fautif. Pouvant le marquer au fers rouges d'ignominie que seul l'échafaud pourra gracier. Mais paradoxalement, cette œuvre dans son abjection recelait une immense beauté. Quoi de plus beau que de se servir des créations divines pour sublimer l'homme? Cet homme qu'on dit parfait et qui représente le chef d'œuvre de Dieu. Celui qui est à son image mais qu'un Alchimiste plus téméraire que les autres a modifié pour le rendre beaucoup plus efficace. Certes pas dans un domaine des plus philanthrope mais par cet acte il prouvait qu'on pouvait faire mieux que Dieu lui-même. Peut être l'origine du réel péché se trouvait là, dépasser le maître? Mais n'est-ce pas là le devoir de tout érudit, aller plus loin que celui qu'on a prit pour exemple? Et là Zosime avait excellé. Il serait dur de créer meilleur guerrier. Sur la table se trouvait un Myrmidon Majeur. Par majeur on entendait que l'être crée était égal ou supérieur à l'homme par sa taille, tandis qu'un mineur était forcement plus petit. Quant au Myrmidon il appartenait à l'espèce d'un métabolisme extraordinaire, celui de la fourmi. Apollonius avait toujours été fasciné par cet insecte à la résistance incroyable mais dont la petitesse rendait difficile à observer. Et aujourd'hui sa taille humaine permettait de l'admirer dans toute sa splendeur. Le plus impressionnant résidait dans la contemplation de sa tête. Ses deux énorme mandibules faisaient office d'arme naturelle. A les regarder on ne doutait pas de l'efficacité de celles-ci qui devaient être aussi affuté que la plus tranchantes des lames. Ses yeux composés de centaines de facettes lui permettaient d’avoir un champs de vision à 180°. Muni de deux puissante jambes et de deux paires de bras, cette combattante pouvait s’équiper de plusieurs armes en plus d’un bouclier. Et pour pousser son prototype jusqu’à la perfection, Zosime avait engendré des reproducteurs qui avaient la particularité de posséder des ailes. Apollonius se demanda simplement si cet O.G.M. s’avérait capable comme certains de ses congénères miniatures de projeter de l’acide? Mais connaissant son créateur il n’en doutait pas. Il fut obligé de reconnaître le génie de son mentor et comprit la réflexion de son agresseur lorsqu’il lui avait dit qu’il était trop occupé pour s‘occuper de son cas. Quel guerrier pouvait rivaliser avec ce soldat absolu? Capable aussi bien de voler que de ramper. Pouvant manier plusieurs armes avec un champs de vision supérieur au commun des homme. En imaginant une armée complète de tels mercenaires, Apollonius eut des frissons dans le dos. Instinctivement il porta sa main à son menton et se grata sa plaie encore fraiche.
«  Effectivement, il semble que nous ayons un problème! » Admis t-il
«  Cet O.G.M. est la preuve de la profanation de Zosime. Si je sais pourquoi il m’a envoyé de tels sbires, ce n’est pas le cas du conseil. C’est pourquoi j’ai gardé cette pièce à conviction sous silence. Je ne voulais surtout pas donner une quelconque justification de sa présence ici. Réussir à faire parcourir une telle distance à des O.G.M. sans que ceux-ci soient repérés est une véritable performance. Ce qui me désoriente le plus dans cette histoire c’est que Zosime prenne le risque que les Dix Nations apprennent l’existence de son sacrilège. » Expliqua la prêtresse mère.
«  Cela s’appelle de la témérité Geb. Si Zosime n’a plus rien à cacher, c’est qu’il se sent suffisamment fort pour défier les Dix Nations! » Conclut Apollonius.
«  Même si sa puissance devient incontestable, s’attaquer aux Dix Nations serait un véritable suicide. » Certifia la Geb Sephiroth qui ne voulait pas baisser les bras et entrevoir ainsi un épilogue heureux.
«  C’est tout à son avantage. Pendant que personne ne peut croire en cette éventualité, il déplace ses pions au nez et à la barbe de tout le monde. Enfin si je puis dire… » dit Apollonius hésitant. Car même si ses termes au sujet notamment de la barbe semblaient inappropriés vis-à-vis des Wicca, le sens de sa phrase restait plus que valable.
« Si nous voyons juste, seule Lilith peut contrecarrer ses plans. Il faut absolument que tu la mette à l’abri. » Finit-il par dire tout en regardant les Myrmidons.
«  Je sais, c’est la raison pour laquelle je t’ai fais venir… Je veux que tu la prennes en tant qu’apprentie. » Informa la Geb Sephiroth.
Sans attendre elle se dirigea vers la montée d’escalier tandis qu’Apollonius resta cloué sur place. Jamais il n’avait entendu proposition plus absurde. Il se demandait si il avait bien entendu la résolution de la Geb ou si il dormait debout.
«  A ce que je vois c’est bien la première fois que tu restes sans voix. Deviendrais-tu sage en vieillissant? » Demanda la prêtresse qui n’avait pas l’habitude que l’alchimiste retienne sa langue. En la voyant remonter les escaliers, Apollonius s’engouffra dans son sillage. Suite à l’ahurissement occasionné par cette annonce il reprit du poil de la bête et s’insurgea:
«  Si je devins sage, toi tu perds la raison! Ma congrégation ne prend que des garçons en apprentis! Et puis si je veux racheter mes fautes, il faut que je continue mon ermitage. » Expliqua-t-il.
« Tu plaisantes! Tu crois que mes espionnes ne rapportent que des dossiers importants sur ma table? J’ai des fois droit à des détails très croustillants sur la vie de nos concitoyens. Cela a au moins le mérite de voir les gens sous un autre aspect et de se détendre entre deux dossiers majeurs . Et à ce que j’ai appris de ta rédemption c’est qu’elle tourne souvent à la beuverie. Bien que tu ais beaucoup à apprendre à l’enfant philosophale, j’ai bien peur qu’en même temps tu lui fasses perdre un peu de son innocence! Mais hélas je suis acculée. Je n’ai pas le choix. Je t’assure que si j’avais une autre solution je me passerais de tes services. Et quant à vos pratiques machistes, il suffira de travestir Lilith. Cela lui procurera un camouflage supplémentaire bien plus simple à réaliser que l’ablation de ses ailes. » Assura la Geb comme si l’avis d’Apollonius comptait pour du beurre.
«  Tu peux parler… Vous, vous ne prenez que les femmes dans votre congrégation, c’est tout aussi machiste que je sache! » Rétorqua Apollonius cherchant ainsi à se donner un sursis pour trouver de meilleurs arguments. Ils se retrouvèrent dans les appartements de la Geb Sephiroth. Celle-ci referma aussitôt le passage secret et regarda cette fois Apollonius droit dans les yeux.
«  Apollonius, il faut que nous fassions face à nos responsabilités. Toi et moi avons organisé son enlèvement et maintenant il va falloir à nouveau faire cavalier seul. En ne mettant personne d’autre dans la confidence cela évitera qu’un traite ne dévoile nos projets. Certes je prends des risques énormes en te laissant Lilith! Mais les derniers évènements m’ont appris que quoiqu’il en soit, elle n’est à l’abri nulle part. Personne ne me croira assez folle pour donner la garde de l’enfant philosophal au pire ennemi de Zosime. Il faut savoir être plus fou que le fou si on veut sortir notre épingle du jeu. » Conclu la Geb Sephiroth qui ne croyait pas si bien dire. A nouveau Apollonius porta sa main à son cou. Il hésitait à avertir la prêtresse sur sa mésaventure et sur un risque potentiel de sa part. Même infime soit-il, il ne pouvait jurer à l’heure actuelle de sa totale loyauté envers qui que ce soit. Ce qui le laissait le plus dans l’expectative, c’est que face à la proposition de son agresseur ce scénario avait été envisagé par Zosime. La Geb certifiait être la seule au courant de son projet. Se pouvait-il que Zosime puisse faire sortir son esprit de son corps et se balader au grès du vent ? Même si les Spirites pouvaient dialoguer avec les esprits il ne croyait pas en cette possibilité. On ne peut se trouver sur tous les fronts, la solution devait se trouver ailleurs. Egal à lui-même Apollonius subit les événements en se disant simplement que demain serait un meilleur jour. La Geb comme pour sceller leur accords vint lui faire une bise sur la joue. Aussitôt le fatalisme d’Apollonius revint au galop, il prit cette nouvelle au second degré et tenta une énième fois sa chance:
«  Le problème avec vous les femmes…dès que vous voulez parvenir à vos fins, vous cherchez à nous prendre par les sentiments. Il faudrait bien plus qu’un simple baiser pour me convaincre. » dit-il.
«  C’est le seul acompte que je puisse te donner en attendant que Lilith ne suive sa destiné. Qui sait? Une fois mon devoir accompli, peut être serais-je libre de tout engagement et succomberai-je enfin à tes avances. » répliqua la prêtresse afin de laisser tout espoir à son prétendant mais surtout pour lui donner le courage nécessaire à sa mission. Le connaissant sur le bout des doigts, elle savait comment amadouer ce séducteur qui serait prêt à vendre son âme au diable pour une nuit éphémère dans ses draps.
« Où dois-tu te rendre? » demanda-t-elle simplement.
«  Au campement Shintô, ils doivent m’emmener voir leur Bouddha. » Répondit tout aussi directement Apollonius.
«  Parfait! Au moins tu aura la chance d’avoir une bonne escorte pendant quelques temps. Après je te fais confiance pour te fondre dans la nature. Ramène moi Lilith à la prochaine moisson. Tout serra enfin prêt pour accomplir sa rencontre. Viens avec moi, je vais te faire emprunter le souterrain nord. Il vous mènera à proximité de la clairière des coquelicots. » décida la Geb Sephiroth. Lorsque la Wicca présenta Lilith à son nouveau tuteur, celui-ci comprit que la prêtresse avait bien peaufiné son plan. Elle l’avait accoutrée de la soutane des apprentis Alchimistes. L’espace d’un instant il se sentit manipulé. Comment pouvait-elle être si sur de son assentiment pour l’avoir préparé avant même qu’il ne donne son accord. Face à autant de clairvoyance de la part de la Geb Sephiroth, Apollonius espérait simplement ne pas devenir le dindon de la farce et jouer un jeux dont il ne maitrîsait aucune règle. Aussi bien face aux Wicca qu’à ceux de sa propre congrégation. Les présentations furent des plus sommaires. Apollonius ne vit même pas le visage de Lilith. Elle les attendait calmement dans sa chambre et regardait imperturbablement ses pieds. La Geb lui dit simplement.
« Lilith! Comme je te l’ai expliqué, Apollonius va s’occuper un moment de ton éducation. Il va t’apprendre l’art des Alchimistes voire celui des Shaman. Même si tu es vouée à devenir Sephiroth, ce savoir t’apportera beaucoup. Je sais! C’est un homme mais je lui fais une confiance aveugle. Tu devras faire tout ce qu’il te demande. Suivre à la lettre ses recommandations. Et si nous sommes obligés de te travestir c’est pour que tu puisses suivre son enseignement. N’ai aucune crainte, cela ne nuira pas à ta Kabbale. »
La petite n’émi aucune protestation, elle ne dit mot. La Geb l’a prit par la main et conduisit le maître Alchimiste avec son nouvel élève à l’entrée du passage secret qui menait à la clairière des coquelicots. Elle donna une torche à Apollonius et ne prit même pas la peine d’embrasser l’enfant philosophal qu’elle risquait pourtant ne jamais la revoir.
«  Que Cernunnos guide vos pas. » dit-elle simplement avant de les laisser pénétrer dans l’obscurité du passage secret. Celui-ci était taillé à même la roche. Apollonius prit la tête de la cordée suivit par son apprenti assigné. Tous deux marchaient en silence dans ce sombre tunnel. Apollonius brûlait au fur et à mesure les innombrables toiles d’araignées qui semblaient vouloir les retenir. En se consumant, les fils de soie dégageaient une odeur fétide. Avant de s’apprivoiser, les deux volatiles ruminaient leur destin. Apollonius pensait être acquitté de sa tache et venir récolter le fruit de l’expérience une fois celle-ci mûre. Mais apparemment, il devait à nouveau contribuer à l’efflorescence de ce papillon de nuit. Cette chenille allait enfin pouvoir sortir de son cocon et déployer ses ailes vers d’autres horizons. Qui certes mène dans l’inconnu, source d’angoisse et d’appréhension mais qui engendre en contre partie la même excitation qu’éprouve un explorateur en foulant une terre vierge. Lilith n’avait jamais quitté Héliopolis. On l’avait materné comme une poule couve son œuf. Mais pas n’importe poule, on avait à faire à celle aux œufs d’or dont le poussin aura forcement du mal à éclore. Mais on s’entêtera à le choyer en attendant que son bec soit suffisamment puissant pour percer de lui-même cette coquille blindée. A moins que les circonstances fassent qu’un coq trop impatient s’acharne à jeter l’œuf afin de le briser. Soit pour l’aider, soit pour voir ce qui se cache à l’intérieur. Lilith possédait donc encore son innocence d’enfant intacte. Peut être un peu trop même. Il n’est pas très judicieux de protéger totalement un enfant. Car l’homme étant un loup pour l’homme, qu’adviendrait-il de la brebis si elle perdait son berger? Certes Lilith fut déjà confrontée une fois dans sa vie à la cruauté humaine mais sa réaction fut à la hauteur de son éducation.
 Effectivement, depuis de nombreuses années, les Wicca essayaient de créer leur animal totem: la licorne. Déjà elles avaient équipé leur armée d’un cheval particulier, le pégase qui possédait de magnifiques ailes de cygne. Mais créer la licorne s’avérait beaucoup plus délicat, surtout si on voulait qu’elle possède des ailes. Car cela demandait une transmutation de trois animaux qui sans l’Ouroboros s’avérait une mission inconciliable. L’entêtement n’est pas forcement une qualité mais à force de tâtonnement, les Sephiroth parvinrent à réaliser leur objectif. Mais à quel prix? La prêtresse qui réussit cet exploit vint immédiatement chercher la Geb Sephiroth. Devant l’annonce de ce miracle, toutes les prêtresses présentes ainsi que Lilith se précipitèrent afin d’admirer le prodige. Toutes s’émerveillèrent, toutes acclamèrent les premiers pas de ce poulain. Il était magnifique, d’un blanc d’une pureté angélique. Seul Lilith ne partagea pas cette liesse. Peut être à cause de sa taille qui l’empêchait de voir au dessus des Sephiroth qui lui obstruaient la vue? Qui dans leur joie immense en avaient oublié la présence de l’enfant. Lilith se contenta donc d’observer ce qu’il y avait autour. Et ce n’était pas beau. Tout du moins pour une personne connaissant les aléas de la vie. Car si les Sephiroth réussirent à engendrer la licorne, ce fut au détriment de nombreux cobayes dont certains servirent d’intermédiaire. Se trouvait dans des cages tous les rebus de ces expériences. Ce cirque pour animaux difforme était un hymne à la laideur. Certains ne possédaient que trois pattes, d’autres cinq voir huit. Des museaux se trouvaient à la place des oreilles, des oreilles à la place des yeux. Tous étaient différents dans leur morphologie mais tous reflétaient la même horreur. Ils ne possédaient qu’une seul chose en commun, l’éclat dans leurs yeux. qui reflétaient l’impression de connaitre leur sort, d’avoir conscience qu’on les mèneraient bientôt à l’abattoir. A moins que l’on ait  encore besoin d’eux afin de renouveler l’exploit. C’est en se plongeant dans ces regards que Lilith apprit le sens du mot désespoir. Elle fut beaucoup attristée et personne ne comprit pourquoi l’enfant philosophale ne sautait pas de joie à l’idée de pouvoir monter un jour la licorne. Trois jours passèrent et aller savoir pourquoi, une nuit Lilith parti rejoindre cette cour des miracles pour se coucher aux côtés de ces monstres. Elle enlaça le plus frêle d’entre eux et dormi au creux de son encolure. On dit qu’un bébé ne ressent pas la douleur, tout du moins qu’il ne l’interprète pas comme tel. Mais peut être que Lilith avec ces animaux en souffrance revivait-elle l’ablation de ses ailes ancrées au plus profond de sa chair. De la confiscation de ses deux membre afin de la fondre parmi les hommes. Car ceux-ci avaient décrétés une norme, un cahier des charges afin de respecter l’humanité. Même si c’était pour son bien que dire de ces religieuses qui se plièrent à cette excision? Qui refusait qu’elle puisse monter au septième ciel grâce à cette particularité qui faisait d’elle un être unique. Qui aurait put éprouver une liberté totale de mouvement. Un plaisir bien plus grand que le commun des mortels, voué à être cloué au sol comme certains l‘on été sur des croix. Les empêchant ainsi de se rapprocher du soleil, de cette soi-disant vérité. Sans se poser la question que la vérité n’est qu’une question d’interprétation. L’homme est-il si égoïste pour ne pas autorisér un plaisir qu’il veut octroyer à son seul sexe. De peur que la personne se retrouve au dessus de lui, aussi bien au sens figuré qu’au sens littéral. Considère t-il sa moitié comme un animal seulement indispensable pour assouvir sa propre envie? Sans qu’il y est partage mais qu’une totale soumission? Quelle religion peut prôner tel châtiment? Quel interprète peut-il certifier du dessein de son Dieu? Car si c’est le cas, cela voudrait simplement dire que la femme est soumise à l’homme simplement parce que l’homme se doit d’être soumis à Dieu. Par le principe des vases communiquants une hiérarchie s’instaure naturellement et fit que les Wicca traitèrent les créations de Cernunnos en simples cobayes afin de réaliser un simple fantasme. Reniant ainsi sans s’en rendre compte l’essence même de leur religion qui voulait que chaque vie soit respectée comme si c’était la sienne. Et en traitant ainsi ces rats de laboratoire, elle s’auto flagellait et se fermait les portes du paradis bien qu’elle n’avaient de cesse de prôner au nom de dieu des règles qui du coup ne s’avéraient valable qu’ici bas. Les deux cicatrices laissées sur le dos de Lilith suite à son opération semblaient vouloir donc s’ouvrir afin de lui redonner toute son intégrité. Et lui permettre aussi de vivre pleinement avec ce que son dieu lui avait offert. Les Sephiroth par facilité avaient préféré honnir cette différence et détériorer ainsi l’œuvre originale de son créateur. Commettant ainsi le même sacrilège qu’un enfant qui gribouillerait la Joconde simplement parce que son sourire ne lui conviendrait pas. Bien sur l’enfant philosophale n’était pas au courant de son fameux sourire. On lui avait fait croire que ses entailles étaient des marques de naissance mais son don de divination l’alertait qu’on lui mentait. Tout comme le regard fuyant des Sephiroth qui éludaient souvent ses questions de plus en plus pertinentes. Par contre dans les regards de ces horreurs de la nature, elle y avait trouvé un semblant de compréhension, presque à la limite de la pitié. Est-ce pour cela qu’elle passa une nuit de rêve auprès de ces monstres qui auraient provoqués des cauchemars aux autres enfants? Est-ce pour cela aussi que le surlendemain elle libera tout le troupeau? Jamais le sanctuaire des Sephiroth ne connut effervescence aussi grande. Elles durent déployer une énergie gigantesque afin de rattraper tous ces animaux qui faisaient tâche dans ce lieu saint. Et lorsqu’on demanda à Lilith de se justifier, elle répondit:
«  Pourquoi la licorne peut gambader où bon lui semble et que ses frères ne peuvent pas jouer avec elle? Ils paraissaient si tristes enfermés…. Je voulais simplement leur redonner le sourire. »
Face à autant de sincérité la Geb ne put punir l’enfant philosophale. Elle chercha juste à lui faire prendre conscience que le monde des adultes possédait des codes souvent difficile à décrypter. Et aujourd’hui, Lilith se demandait quels codes lui enseignerait son nouveau professeur. Mais elle comprit très vite que ce n’était pas les mêmes que ceux auxquels elle adhérait. Lorsque Apollonius aperçut la fin du passage secret, il pressa le pas pour enfin découvrir le visage de celle qu’il n'avait vu que bébé. Il se faufila difficilement dans la cavité de l’arbre mort qui faisait office de sortie.
« Chiotte… » Pesta-t-il.
Quant à Lilith, elle n’eut aucune difficulté pour s’extraire de cette porte qui lui ouvrait le monde. Une fois tous deux dehors, Apollonius s’agenouilla auprès de Lilith. Il posa ses deux mains au bord du capuchon de celle-ci afin de découvrir son visage.
«  Voyons ce qui se cache sous cette carapace. » Dit-il.
Bien que l’obscurité de la nuit ne lui reflétait pas l’authenticité de son visage, il comprit très vite qu’il serait difficile de la faire passer pour un garçon. Ses yeux noirs, ses cheveux roux, sa coupe à la garçonne, ne suffisaient pas à tromper l’œil de la réalité de son sexe. Connaissant les rites des Sephiroth, Apollonius se dit simplement qu’il avait dû être dur de tondre celle vouée à devenir la plus grande prêtresse.
«  Et ben… Cela a dû t’affliger de te séparer de ta crinière de licorne. Mais même accoutrée de cette tignasse, tu n’abuseras que le simple d’esprit. Tes traits sont bien trop fins pour tromper le quidam.» dit-il spontanément sans attendre une quelconque réponse comme si il se parlait à lui-même.
«  On va déjà commencer par te donner un autre prénom. » Continua-t-il, certain que seul ce leurre pourrait abuser tous le monde. Comme si Maurice ou Jacques permettrait de mystifier un organe. Peut être parce qu’il connaissait la nature exacte de Lilith, il ne parvenait pas à mettre un nom sur ce visage. Il lui semblait trop incohérent un homonyme masculin sur cette féminité cachée. Fort heureusement pour lui, il trouva la réponse dans sa nonchalance  habituelle. Par un élément extérieur qui influença une énième fois son choix.
Un moustique eut le malheur de vouloir prélever sa pitance alors que sa cible n’était pas encore endormie. Lorsque Apollonius sentit la piqûre, sa réponse fut immédiate. Il l’écrasa sans se poser de question avec la seule certitude qu’une erreur peut coûter très chère lorsque le moment est inapproprié.
«  Satané moustique! » dit-il en constatant qu’on lui piquait une partie non quantifiable de ce qui coulait dans ses veines. Mais qui à ses yeux paraissait déjà trop.
«  Il ne faisait que prélever de quoi subvenir à ses besoins. » Intervint aussitôt Lilith qui prouvait ainsi que rien ne lui échappait.
 « Donner quelques gouttes de sang pour participer à l’évolution d’une espèce n’est pas cher payé… Enfin… Faut-il encore tomber sur une personne qui l‘accepte.» conclu t-elle avec une pertinence à la limite de l' indécence. Apollonius renâcla face à cette remarque. Habitué depuis quelques temps à une totale liberté de mouvement et d'action, il n'accepta que difficilement la réflexion.
" Oh la la, la petite sainte ni touche! Je n'ai pas eu l'occasion de t'entendre pendant tout le trajet. J’étais pressé d’entendre ta voix mais si c’est pour faire le paternel, je préfère mille fois ton silence! » Avertit Apollonius.
«  Tiens… Puisque tu sembles tant apprécier ces nuisibles, ce sera ton nouveau prénom. Moustique sa sonne plutôt bien pour un apprenti. » dit-il avec une pointe d’ironie dans la voix.
«  Viens moustique, on nous attends. Je vais te faire découvrir le monde des hommes. Et si tu veux te faire des amis, je te conseille d’être plus aimable. » Conseilla Apollonius contrarié de devoir se farcir la présence de l’enfant philosophale. Ils se remirent ensuite en route pour rejoindre la clairière des coquelicots. Vu leur premier contact pas des plus chaleureux, le reste du trajet se fit dans un silence à faire pâlir le plus discret des fantômes.

Par Cochise - Publié dans : Lilith ou l'enfant philosophale
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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 11:39

L'habit ne fait pas le moine!


Le problème avec le temps, c'est que plus il passe et plus on a le sentiment qu ‘il s‘écoule rapidement. Voila quinze an déjà qu'Apollonius se réfugiait aux quatres coins de Gaïa mais il avait l'impression de voyager que depuis sept ans. Soit à peu près la moitié. Sa fuite l'avait mené à parcourir l'ensemble des Dix Nations. Telle l'abeille, il butina chaque essence essentielle de chaque peuple. Mais sa science de prédilection, sa gelée royale, il la trouva chez les chamanistes. Il récolta chez eux le fruit d'un travail qui sublimait le pouvoir de guérison. Il étudia chaque point vital, chaque chakra qui permettait la meilleur circulation du Ki. Il avait déjà beaucoup apprit avec Zosime mais avec les Shamanistes il était à présent capable d'utiliser son flux énergétique afin de résorber des tumeurs ou soigner les maladies courantes. Il pratiqua alors la médecine itinérante. Très vite, vu ses résultats remarquables il se fit une réputation digne des plus grands Chamanes. Il trouva sa rédemption en soignant les gens pour une bouchée de pain. Si la personne s'avérait de caste modeste, il ne demandait que le gite et le couvert souvent agrémenté de boissons alcoolisées. Pour les personne plus aisées il recherchait surtout à s’attirer leur faveur. Comme cela, si un jour il devait passer devant le tribunal des Dix Nations il espérait la clémence de son jury. Dans l’attente de ce possible procès, il se rendait à contre cœur directement dans la gueule du loup. Cela faisait quinze ans qu’il évitait le conseil mais cette année la Geb Sephiroth ainsi que son Maester avait demandé expressément à le voir. Il ne pouvait refuser de s’y rendre surtout que les espionnes Wicca lui avait assuré qu’il n’y aurait aucun membre de la congrégation de Zosime. Cela ne le mettait pas forcement à l’abri puisque Zosime pouvait très bien faute d’envoyer les siens, engager des tueurs à gage. Car Apollonius ne doutait pas un instant que son ancien mentor avait toujours une dent contre lui. Contradictoirement, le fait qu’il n’ait pas de domicile fixe l’avait jusqu’à présent mis à l’abri. Il dût tout de même déjouer des guets apens qui faillirent lui coûter la vie. Mais plus le temps passait et plus ces traques se faisait rares. Zosime avait semble t-il d’autres chats à fouetter. Chaque floraison, le conseil se passait dans une nation différente et cette année était celle des Sephiroth. C’est pourquoi Apollonius consenti à se rendre au conseil puisqu’il pouvait s’assurer de la protection de celle-ci. C’était une de ses conditions, qu’on le chaperonne dés son arrivé. C’est donc en toute confiance qu’il attendait patiemment dans la file d’attente devant la porte centrale d’Héliopolis. Héliopolis la ville du soleil, capitale Wicca où les Sephiroth avaient élus domicile dans leur sanctuaire ancestral. Qui construisire autour de celui-ci une métropole gigantesque où le commerce devint l'activité principale. Leur art pour la confection leur permit ainsi de devenir une des nations les plus riches, par conséquent la mieux armée. Leurs guerrières pour rivaliser avec les hommes se révélaient bien plus autoritaires, bien plus intransigeantes que leurs comparses. Le juste milieu hélas étant bien souvent rare. On pourrait le représenter par une frontière, un simple trait sur une carte qui délimiterait deux vastes territoires. Avec du côté droit celui des hommes, du côté gauche celui en miroir des femmes et plus on s’éloignerait de cette frontière, plus on tomberait dans l’intolérance des individus. Les extrêmes étant représentées par la caste des guerriers. C’est donc en toute logique que la mentalité guerrière des femmes se calqua sur celle des hommes. A la seule différence que pour être crédible, le miroir utilisé était grossissant. Seuls les guerriers Shintô pouvaient se targuer de faire face aux Wicca sans peur. Fort heureusement pour elle que la sagesse de leur bouddha leur faisait prendre place non à droite mais sur la frontière elle-même. Lorsque ce fut au tour d’Apollonius de se présenter au poste de garde, il put constater directement l’intransigeance des guerrières Wicca. La garde l’interpella:
« Que viens tu faire manant! Héliopolis est interdit aux mendiants!  » Certes Apollonius ne payait pas de mine. Son mode de vie faisait qu ’il ne pouvait s’encombrer du superflu. N’importe quelle servante pourrait utiliser sa soutane usée par les intempéries pour dépoussiérer les meubles. Sans compter que son physique famélique et ses traits taillés au couteau laissait entendre qu’il ne mangeait pas à sa faim tous les jours. Son bouc amplifiait d’ailleurs cet aspect de crève la faim. Mais la véritable raison de sa maigreur résidait dans la fait que pour soigner avec le Ki, le Shaman se consumait de l’intérieur. Cela lui demandait une telle énergie qu’il brulait toute ses calories, tout comme le fait un marathonien. Il fallait un sacré entrainement pour enchainer les consultations et Apollonius trouvait dans cet investissement un semblant de rédemption. Sans se décontenancé, il prit le laisser passé que lui avait fait parvenir la Geb Sephiroth avant de dire.
« N ’apprend t-on pas aux gardes Wicca que l’habit ne fait pas le moine? Je détiens une invitation personnelle de la Geb Sephiroth. Vous ne sous entendriez tout de même pas que votre prêtresse mère s'enquiquine avec des clochards?» Apollonius détenait l’art de l'impertinence. Au lieu de faire profil bas, il adorait titiller ses interlocuteurs.
La guerrière Wicca étudia le laissez passer sous toute ses coutures. Lorsqu ’elle vit le sceau personnel de la Geb Sephiroth cela ne la déstabilisa pas pour autant, bien au contraire elle paru encore plus sur ses gardes.
« Ma Geb ne me reprochera jamais de bien faire mon travail. C ’est bien parce que l’habit ne fait pas le moine que je dois me méfier de tout le monde! Même si le sceau de la Geb est inscrit sur un laissez-passer! Je me dois d’être exemplaire. » Répondit-elle. Apollonius, certain que son laisser passé lui octroyait tous les droits poussa le bouchon un peu plus loin.
« Et jusqu ’où va votre dévouement? Si vous lisez bien le sauf-conduit, vous devez me fournir une garde rapprochée dès mon entrée dans la ville. Allez vous être celle qui va contenter mon corps? » Ironisa-t-il. La garde Wicca le toisa aussitôt. Il est très rare de trouver un guerrier avec le sens de l’humour. Son statut l'empêche souvent de posséder cet extra. C’est pourquoi au lieu de la dérider cela ne fit que plus la vexer. Elle répondit avec une toute autre forme d’humour.
«  Si tu me cherches, tu vas me trouver petit con! Ton laissez-passer te donne droit à une garde mais à l ’intérieur de la citée! En attendant lève les bras que je vérifie que tu ne caches pas d’arme sous tes haillons! » Avant de pratiquer la fouille, elle prit la sac d’Apollonius et le jeta sans ménagement aux pieds d’une autre Wicca. «  Fouillez-moi ce sac poubelle. » Ordonna-t-elle. Pendant que ses collègues s’occupairnt du ballot, elle entreprit alors de sonder Apollonius. Une fois que sa main arriva vers l’unique chose de valeur que possédait celui-ci: Ses bijoux de famille, elle les agrippa d’une poigne ferme. Elle rapprocha alors sa bouche de l’oreille d’Apollonius qui serrait les dents et lui susurra:
«  Ne sais tu pas quelle place occupe l ’homme chez nous? Si tu désires vraiment que je m’occupe de ton corps, il n’y a qu’à demander! Je me ferais un plaisir de te faire découvrir comment vous, vous honorez vos femelles.» Afin d’étayer ses dires elle enserra un peu plus ces fameux bijoux dont la fragilité est souvent à l’opposé de ce que veut laisser paraitre le détenteur. Apollonius constatant l’ardeur de cette guerrière changea tout de suite son fusil d’épaule. C’est fou ce qu’un homme peut changer lorsque on menace ce qu’il a de plus cher au monde.
«  Veuillez m ’excuser gente demoiselle… L’attente m’a un peu ébranlé… Mes mots ont dépassé ma pensée… » Murmura-t-il dans l’espoir que cette amende honorable ait l’effet escompté. Ce qui fut le cas. La guerrière en prenant le dessus, certes par des moyens peu orthodoxe affirmait son autorité. Son honneur était sauf tout comme le membre viril d’Apollonius. Pendant que celui-ci poussait un soufflement de soulagement, la garde Wicca lui intima:
«  Méfie toi étranger! Si tu manques de respect à notre Geb, ne pense pas sauver une nouvelle fois ta pseudo virilité! Les eunuques ne manque pas chez nous! » Apollonius en prenant son sac d ’une main et se protégeant le bas ventre de l’autre répondit respectueusement:
«  Ne vous inquiétez pas garde, votre démonstration m ’a ouvert les yeux. » Le respect n’est pas forcement une chose innée. A bien regarder, on respecte souvent chez notre prochain son potentiel à pouvoir nous mettre son poing dans la gueule et non sa capacité à la tolérance. C’est peut être pour cela d’ailleurs que l’homme édicte des lois afin de laisser nos bleus se résorber entre deux coups de poing. Apollonius n’était pas prêt d’oublier la leçon du jour: Le respect des uns s’arrête là où commence celui des autres. Lorsque on lui présenta celle qui s’occuperait de sa sécurité, il ne fit qu’un hochement de tête pour la saluer et se garda de lui adresser la parole. Connaissant à présent le côté taquin des guerrières Wicca, il désirait que son ecchymose se résorbe avant d'épancher à nouveau sa verve. Une fois arrivé à son auberge, il se ferma à double tour dans sa chambre et s’affala sur le lit. Son voyage l’avait exténué, il ne prit donc pas la peine d’aller se rassasier à la table de la taverne. Il s'endormit d’un sommeil profond sans même se déshabiller. La nuit porte conseil, du coup Apollonius repassa le western du jour en songe. Il se vit en face d’une silhouette encapuchonnée dans une soutane. On ne distinguait pas son visage, on ne voyait pas non plus ses mains enfouies dans les poches. Une seule chose sautait aux yeux, une aura d’animosité qui encerclait son ombre. Une aura bien réelle qui grandissait au fur et à mesure qu’on la regardait. Des bourrasques de vent faisaient s’envoler le sable du désert dans lequel il se trouvait. Nulle  autre vie ne semblait habiter ce monde stérile. Seul lui et celui qui lui faisait face prouvait que la vie était possible avec cette certitude étrange qu’il n’y avait de la place ici que pour une personne. Tout duel digne de ce nom passe par le moment fatidique où les regards se croisent. Apollonius attendait donc que son adversaire enlève sa capuche et ose le toiser. Mais il s’entêtait à regarder ses pieds, à faire comme si celui-ci n’existait pas. Apollonius ne pouvait frapper un homme qui refusait de le voir. Il lui stipula alors: « Je me rends au conseil mais tu me barres la route. Passe ton chemin où je serai obligé de me débarrasser de toi! » La scène était totalement invraisemblable. Comment pouvait-on barrer le chemin à quelqu’un lorsque aussi bien à gauche et à droite il n’y avait que du sable. Mais telle une fourmi qui suit les phéromones laissées par ses consœurs pour indiquer où se trouvait les vivres, Apollonius devait franchir l’obstacle qui lui barrait la route. L’inconnu sorti alors sa main de sa poche. Poing fermé, il tendit son bras pour indiquer que si il ouvrait sa main sans était fini pour Apollonius comme si il détenait une arme secrète. Il dit alors: « Si tu va au conseil, surtout n’oublie pas ceci. » Et lorsque il ouvrit sa main afin de se servir de cette arme, l’inconnu exhiba aux yeux d’Apollonius des testicules. Mais ceux-ci semblaient ratatiné comme si la poigne de la garde Wicca les avaient miniaturisé à jamais. Instinctivement Apollonius vérifia si il possédait toujours ses attribus masculins. Il fut terrorisé lorsqu’il constata sa castration. L’inconnu profita de cet effet de surprise pour asséner verbalement


«  De toute façon tu n ’as jamais su véritablement t’en servir. » Apollonius chercha à attraper son bien le plus précieux dans la main de l’inconnu mais celui-ci l’agitait frénétiquement afin de l'en empêcher. Lorsque il réussit enfin à récupérer son pénis, celui-ci le macula d'une substance blanchâtre. L'inconnu avec un rire tonitruant stipula «  Trop tard, tu peux passer ton tour! Il paraît que la deuxième fois dure plus longtemps. » Furieux Apollonius assena un coup de poing à son interlocuteur. Bizarrement il n'entendit pas les os se briser mais un craquement sourd sur le côté. Un peu comme une fenêtre que l'on forcerait. Ce coup de poing, au lieu de clouer le bec à l'étranger ne fit qu‘amplifier son hilarité. «  Tu te fais du mal. Je sais bien que face à l'inconnu on a tendance à utiliser la force. Aurais tu peur que je te prenne ton quignon de pain? Où est passé l'assiette du pauvre si cher à nos aïeuls? Ma soutane te cache ma nature profonde, tu ne regardes que la noirceur de celle-ci mais si tu prends la peine de me découvrir, tu constateras que je ne suis pas si différent que toi. » Il enleva alors la capuche qui le reléguait jusqu'à présent dans la clandestinité. Et lorsque Apollonius vit son propre visage en face de lui, il fut stupéfait. « C'est impossible! » Affirma t-il. Son sosie lui répondit alors «  Et si, ton alter égo est ton pire ennemi. Le véritable danger viens de l'intérieur mais à trop surveiller les autres, tu oublies de jeter un œil à ton ombre qui désire s'émanciper. Ce ne serait pas la première fois que la chaire de ta chaire poignarde son géniteur dans le dos.» Apollonius sentit alors une pression sur son gosier comme si ces révélations lui sautaient à la gorge. Afin d’accentuer ce sentiment d’oppression son double sortit un couteau de sa soutane et le plaqua contre son cou. Il exerça une pression suffisante pour que le sang commence à couler. Ainsi jugulé, Apollonius restait sans voix attendant qu’alter ego mette fin à son calvaire. Heureusement que lorsque on fait un cauchemar, notre subconscient nous pousse à se réveiller. C’est ainsi qu’Apollonius se déroba aisément à son tortionnaire. En ouvrant les yeux, il fut immédiatement rassuré de constater qu’il ne faisait que rêver car malgré l’extravagance de son songe, il y avait cru dur comme fer. Par contre, la pression qui s'exerçait toujours contre sa gorge l'immergea à nouveau dans l’angoisse. Était-il possible que son subconscient ait matérialiser son spectre? Lorsque ses yeux s’habituèrent à l’obscurité, il comprit que c’était l'inverse. Que son double avait sorti le couteau suite à ce qui se produisait dans la réalité: « Croyais-tu pouvoir échapper éternellement à Zosime? » Demanda une voix grave. Tout alla très vite dans la tête d’Apollonius. Il comprit immédiatement qu’il avait à faire à un sbire de son ancien mentor. Par contre il ne comprit pas pourquoi celui-ci ne lui avait pas déjà tranché la gorge. A attendre ainsi, il prenait le risque que sa cible lui échappe car tout le monde sait que lorsque un gibier est acculé, il est prêt à tout pour se sortir du guêpier. Bien sûr connaissant parfaitement la mentalité de Zosime, Apollonius se doutait que celui-ci avait ordonné: «  Lorsque tu le trouveras, égorge le comme un porc pour qu’il soit face à sa mort! Qu’il regrette à jamais de m’avoir trahi! » Par fierté, Apollonius décida donc de ne pas jouer le gibier terroriser. Il ne voulait pas donner l’occasion à son assassin le plaisir de raconter comment le porc avait couiné. Et ainsi diminuer la jubilation de Zosime pour qu’il ne puisse se délecter du sang encore frais sur le couteau du boucher. Il attendait donc stoïquement de savoir à quelle sauce il serait mangé. «  Si tu cries, tu es un homme mort! » Adjura la voix. Cet ordre apaisa un peu Apollonius. Il se dit finalement que sa mort serait rapide. Certainement afin d’éviter de donner l’alerte à la Wicca postée dans la chambre adjacente. Restait à savoir quel moyen utiliserait cet assassin? Planterait-il son couteaux directement dans son cœur ou utiliserait-il un coussin afin de l’étouffer? Ce qui générait immédiatement une autre question, quelle mort était préférable? « Sais tu ce qui a le plus déçu Zosime dans cette histoire? » Demanda l’homme. La pression qu'exerçait l’assassin avec son couteau empêchait Apollonius de parler et de bouger la tête, il attendit donc que la réponse vienne d’elle-même:
«  Ce n ’est pas d’avoir perdu la chaire de sa chaire mais d’avoir été poignardé par celui qu’il considérait comme son propre fils. » L’homme marqua une pause avant de rajouter: «  Tu ne te doutes pas à quel point son projet a avancé et si Lilith se trouve toujours chez les Sephiroth ce n’est qu’une question de malchance. Mais la roue tourne, les choses vont bientôt rentrer dans l’ordre. Ce n’est plus qu’une question de temps pour que Lilith rencontre son père. Celle-ci lui a glissé plusieurs fois entre les doigts mais l’étau se referme. Au début Zosime n’avait de cesse de vouloir ta tête! On t’a pourchassé mais au fil du temps sa colère s’est quelque peu estompée. Ne t’inquiète pas, il ne se ramolli pas mais son œuvre demandait la mobilisation de toutes nos troupes. A présent il est prêt et il consent à te laisser une dernière chance! » L'inconnu interrompit un instant son monologue afin qu'Apollonius mesure l’atout qu'on lui offrait. Jamais il n'aurait cru que Zosime puisse lui laisser une seconde chance, la proposition qui allait suivre valait peut être le coup d'être étudiée.
«  Plus tôt Zosime récupérera Lilith, plus tôt il pourra finaliser son projet. Quiconque lui la ramènera se verra absous de ses fautes. Ceci s'avère ta dernière possibilité de retrouver ta place parmi nous. Choisi bien ton camp car une fois les dés totalement jetés, il ne sera plus possible de revenir en arrière. A toi de voir si tu veux toujours t'exiler sur les routes. Zosime tient aussi à ce que tu récupères ce bien que tu a oublié au châteaux. » L'inconnu jeta alors sur le lit un talisman en forme de pentacle avec la représentation d'un homme à tête de bouc en son centre. Apollonius le reconnu immédiatement et fut prit de nostalgie. Zosime ne pouvait pas envoyer signal plus fort afin de déstabiliser son ancien élève. Il y a des souvenirs qui ne s'effaceront jamais et resteront ancrés dans votre mémoire jusqu'à votre dernier souffle. Une dette de vie à moins que l'on rende la pareille , ne peut se rembourser que par un sacrifice. Apollonius se demanda un instant si il ne valait pas mieux qu'on l'égorge. Conscient de cet état d'âme, l'inconnu retira son couteau de la gorge de sa victime avant de conseiller.
«  A ta place, je tiendrais notre entrevue secrète. Tu n'as rien à gagner en ébruitant celle-ci. Rapporte nous Lilith et tu en seras quitte! » Maintenant qu'Apollonius ne se voyait plus muselé, il affirma avant que son hôte indésirable ne parte: «  Mais je ne sais pas où elle se trouve! » L'inconnu lui répondit aussitôt: «  Tout viens à qui sait attendre. Zosime est bien plus informé que tu ne peux te l'imaginer. » Sans autre précision, celui-ci partit par le même chemin qu'à l'aller: la fenêtre. Apollonius resta prostré le reste de la nuit. La tête entre les mains, le talisman enserré entre les doigts, il repassait le film de sa vie. Il n'arrivait pas à prendre de décision et se sentait acculé. Peut être devait-il fuir à nouveau et chercher à anesthésier son cerveau en cicatrisant les plaies des autres. Faute que cela se répercute sur sa propre meurtrissure, au moins aurait-il le sentiment de servir la bonne cause. Lorsque la Wicca frappa à sa porte, il se trouvait toujours dans la même apathie. Cela lui fit l'effet d'un électrochoc qui le sortit immédiatement de sa torpeur.
« J'arrive. » cria t-il. En ouvrant la porte, il se trouva nez à nez avec son garde du corps. « Je me permet de vous déranger maitre Apollonius car la matinée touche à sa fin. Je commençais à me demander si il ne vous était rien arrivé? » S'excusa la Wicca. Apollonius se voyait heureux de constater que la civilité de cette garde se trouvait à l'opposé de celle qui l'inspecta à l'entrée d'Héliopolis. La Wicca vit tout de suite la mine déconfite de son protégé ainsi que la coupure à sa gorge. «  Aurai-je failli à ma mission? » S'enquit-elle. Face à l'incompréhension d'Apollonius qui restait de marbre, elle pointa du doigt la blessure qu'il n'avait pas pris la peine d'éponger. Un filet de sang séché maculait l'encolure de sa soutane. «  Là, ce sang... Vous vous êtes fait agressé? » Questionna t-elle de manière plus explicite. Apollonius porta instantanément sa main à la gorge et constata qu'il avait effectivement oublié d'effacer les preuves de son agression. Le marasme occasionné par son talisman retrouvé, lui fit oublier la toilette du matin. Il éluda la question en brassant de l'air avec sa main comme pour signifier qu'elle se souciait inutilement d'un accident somme tout banal. «  Non du tout, je me suis coupé en me rasant. » Dit-il le plus simplement du monde. Mais il y avait quelque chose d'anachronique dans cette réponse, la Wicca ne parut pas convaincue. Le sang coagulé sur un menton qui arborait la même barbe que la veille contredisait cette version des faits. La garde Wicca, voyant que son protégé se montrait peu coopératif dit simplement: «  Si la vue du sang vous a empêché de finir de vous raser, vous auriez pu au moins vous laver. Je ne vous conduirai pas au conseil dans cet état! Après vos ablutions, vous pourrez vous ravitailler pour affronter la journée qui vous attend. » Sans attendre de réponse, la Wicca tourna les talons pour notifier qu'Apollonius devait obtempérer. Comme un enfant qui aurait mal agit, il obéit sans protester. Il se rasa, se lava sommairement et nettoya l ’encolure de sa soutane afin d’être présentable. Habitué à jeuner, il ne prit pas la peine de déjeuner. Cela faisait quinze an qu’il ne s’était pas présenté au conseil, il ne voulait donc pas arrivé en retard. La discrétion passait par une tenue impeccable ainsi qu’une ponctualité irréprochable. Lorsqu’il arriva au sanctuaire des Sephiroth, la garde Wicca ne le suivit pas. Elle attendrait patiemment que son protégé remplisse son rôle d’émissaire pour ensuite le reconduire à son auberge. Seules les personnes mandatées par la Geb Sephiroth pouvaient franchir le seuil du sanctuaire. Celui-ci débouchait sur le jardin des mil et une fleurs. Apollonius prit le temps de contempler ce site d’exception. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas posé les pieds dans ce sanctuaire, qu’il en avait presque oublié la magnificence. Fidèle à leur principe de la fertilité, ce lieu était un hymne à la nature. Ils sortait des murs une myriade de racines d’arbres dont la spécificité résidait dans le fait de pouvoir pousser avec un minimum de terre. Donnant ainsi à cette architecture une impression de se fondre dans les éléments et le sentiment que sa structure était vivante. D’autant plus qu’une flore luxuriante se répandait tout autour. Si ce jardin portait le nom de mil et une fleur c’est qu’il en dénombrait bien ce chiffre. Nombre millénaire qui représentait aux yeux des Sephiroth un cantique au rêve, à l‘imagination. Au centre de cette pépinière trônait un édifice de dix mètres de haut en forme de corne de licorne. Allégorie faisant référence au pseudonyme des Sephiroth: Les déesses de la licorne blanche. C’est dans ce cône que se déroulerait le conseil des Dix Nations. Tous les mages, archimages, doyens des castes affluaient pour participer à cette réunion annuelle où les débats s’avèrent souvent tendus. L'intérieur de cet édifice réverbérait la même aura que le jardin comme le prolongement d’une même entité. Statuette en pierre brute de la déesse mère ainsi que de nombreux animaux jalonnaient les couloirs qui débouchaient sur la pièce centrale du bâtiment. Et là sortit de nulle part, un chêne millénaire déployait ses branches majestueuses. Afin que celui-ci puisse s’épanouir tranquillement, la hauteur de cette pépinière faisait la grandeur total de l’édifice. Au pied du chêne trônait la statue de Cernunnos, le dieu Wicca. Assis en position du lotus sur les racines de l’arbre il tenait dans sa main droite un magnifique collier d’or représentant sa noblesse et sur son bras gauche un serpent à corne s’enroulait afin de s’insinuer dans sa toute puissance libidinal. Tout comme la déesse mère, il s’affichait nu pour que ses attributs ne passe pas inaperçus et nous convies à une osmose avec son prochain. De sa bouche grande ouverte sortait un jet d’eau qui alimentait un grand aquarium dans lequel frétillait de nombreux poissons. Symbolisant cette fois-ci la genèse de l’humanité qui débuta dans l’élément liquide. Et pour se rendre dans la salle du conseil, tous devaient passer devant Cennunnos et son aquarium. La plupart faute de regarder la statue observait obligatoirement le chêne qui par sa stature représentait le monde. Comme cela, le règne de dame nature se voyait forcement honoré puisque l’œil admirait soit le dieu créateur, soit la mère génitrice de Gaïa. Ce qui jetait un véritable soufflet au visage des autres croyances comme pour les défier et leur stipuler: Vos dieux ne sont que de pales copies des nôtres. Face à cette allégation, les Atoniens transformèrent les cornes de cerf de Cernunnos en corne de bouc. Ceci pour le dénaturer et le renvoyer à l’image non d’un animal noble et fière mais d’une bête esclave de l’homme. Permettant de classifier le culte de la déesse mère en culte païen et de rendre à l’homme ce qui appartient à l’homme: Sa toute puissance et ainsi stipuler que celui-ci n'appartient pas au règne animal mais qu’il se trouve bien au dessus. Que certes Cernunnos existe mais qu’il n’est  pas à l’image voulue des Wicca. Que celui-ci les a trompés, les a forcés à forniquer avec le malin. Qui les a contaminés avec une semence malpropre et contre nature. Rendant à la femme ce qui appartient à la femme: Sa soumission. C’est là le seul point commun où les Atoniens rejoignaient Zosime. La place de la femme dans la société, non à cotée de celui-ci comme écrit dans les textes sacrés mais sortie (du à une mauvaise traduction volontaire ou pas) des côtes flottantes de l’homme. Pourquoi flottante? Car elles sont attachées aux vertèbres dorsales dans laquelle la moelle épinière permet à notre système nerveux central de se propager mais qui n’atteint pas le sternum sur lequel s'insère le grand pectoral donnant à l’articulation de l’épaule sa puissance pendant la flexion du bras. Métaphore qui consistait à dire que la femme possédait certes une âme humaine mais qu’elle resterait pour toujours sous la pression de la force mécanique de l’homme. Par conviction, chaque Atoniens murmurait un vade retro satanas lorsqu’il franchissait le cœur de l’édifice Wicca. Tandis qu’Apollonius s'arrêta un moment devant Cernunnos et l’observa. Il s’adressa silencieusement à lui pour l’enjoindre:
 « Cernunnos, j'espère que la Geb Sephiroth ne m ’a pas trompé! Sinon le sacrifice que j’ai consenti pour toi ne t’apportera pas que des lauriers! Si tu m’entends guide mes pas pour que je ne flanche pas la veille de ta consécration car si certains désirent voir ta descendance parmi nous, beaucoup d’autres attendent le faux pas pour déraciner ton chêne. » Il resta ensuite un long moment en recueillement afin de s’imprégner de la force du chêne qui semblait tendre ses branches dans sa direction. De plus lorsque l’on a vécu quinze ans reclus, il n’est pas évident d’aller affronter l’effervescence du conseil. En entrant dans la salle de ce dit conseil, on sentait déjà une certaine ébullition émaner des ambassadeurs. Comme lors d’une rentrée des classes, ces élèves semblaient pressés de voir qui ferait partie de leur classe et qui ils allaient pouvoir chahuter dans la cour. Apollonius lui, faisait partie de ceux qui appréhendait ce jour et rentrait tête basse afin d’éviter le regard des autres. Il rejoint le groupe des alchimistes et s’assit sagement à sa place. La salle du conseil était divisée en dix parties, chacune réservé à une nations. La diplomatie requérait bien sur que l’on évite de placer deux nations en conflit l’une à côté de l’autre. Un véritable casse tête chinois puisque depuis quelques temps les antagonisme semblaient pulluler. Le problème étant le plus souvent un problème de personne que de conviction. Pour appartenir à une nation, il fallait qu’un seigneur lui prête allégeance. La particularité des seigneurs de Gaïa résidait dans le fait qu’ils pratiquaient tous l’alchimie, la magie ou une quelconque école ayant un liens avec une pratique ésotérique. Seuls les Shintô se distinguaient de cette tendance. Ils possédaient deux castes: Les Samouraïs qui faisaient corps avec leur arme mais n’utilisaient pas les quatres éléments et les moines qui quant à eux utilisaient leurs armes qu’en dernier recours, privilégiant la méditation. Grâce à cette méditation et à l’art de la guerre de leurs samouraïs, les Shintô avaient jusqu’à présent tisser de forts liens avec les autres nation. C’était l'exception qui confirmait la règle car dans les autres castes, régnait souvent manipulation, perfidie et ruse afin de se hisser en haut de la hiérarchie. Un peu comme dans une famille politique où on se méfie plus de ses alliés que de ses adversaires. Mais comme dans la plupart des familles, les nations essayaient de garder secrets ces dissensions afin de faire croire qu’ils vivaient le grand amour. Ce n’était qu’une fois la porte bien fermé que les scènes, les drames se jouaient. C’est pourquoi dans l’assemblée, beaucoup se regardaient en chien de fusil, aussi bien les siens que ceux contre lequel on avait des griefs. C’est dans cette atmosphère torride que Kenshin Uesugi se permit ce que personne n'aurait jamais osé faire. Ce Shintô réputé comme le plus grand Samouraï vint dans l'hémicycle réservé aux Alchimiste afin de saluer Apollonius. Il bravait là le protocole qui voulait que les nations ne se mélange pas et reste à sa place allouée. Uesugi s’inclina légèrement devant Apollonius afin de le saluer. «  Je suis heureux de te voir là Apollonius. Cela fait si longtemps que le conseil n‘a pas bénéficié de ta présence… C'est pourquoi je me permet de venir à toi afin de ne pas te louper à la fin de la séance. » Dit-il.
Décontenancé, Apollonius qui désirait la plus grande discrétion pour son retour le coupa: «  Mais, Uesugi… le protocole? » Surtout que pour la discrétion c ’était loupé. Un grand seigneur Shintô possédant un territoire conséquent se prosterner devant un alchimiste certes reconnu mais ne possédant pas de fief s’avérait anachronique. Bien sur Apollonius avait tissé des liens forts avec Uesugi. Celui-ci avait fraternisé avec lui lors de débats animés, plus par le goût de l’alcool et l’envie de polémique que de la véritable envie de changer le monde. Mais qui les a lié de ce fil si rare: l’auto-dérision. Et là Apollonius qui voulait se fondre dans la masse se retrouvait propulser au devant de la scène, au devant des quand dira-t-on. Plus sérieusement Uesugi prit une mine sévère, signifiant ainsi que le protocole on pouvait se le mettre aux f…. Que la situation l’obligeait à rompre avec les bienséances. Que de toute façon le protocole était réservé à ceux qui se poignardaient dans le dos et qu’il valait donc mieux à ce moment là tourner le dos au protocole. « Tu es aussi difficile à saisir que le vent Apollonius…Mais bouddha m’a donné une mission: S’emparer du vent…Alors je ne vais pas laisser le courant d’air partir lorsque j’ai l’occasion de l‘effleurer. Bouddha veut te voir et tu sais à quel point j‘attache de l‘importance aux missions! Je te demande juste de venir me rejoindre à mon campement après le conseil pour que je te conduise à lui. Un simple mot de ta part suffit à ce que le protocole reprenne sa place… » Sans réfléchir, pour que le protocole soit respecté Apollonius répondit: «  Bien sur Uesugi, je ne peux refuser une telle invitation. »
Ayant obtenu gain de cause Uesugi ne s'attarda pas plus longtemps. Il retourna dans son hémicycle avec la même audace qu'à l'aller. Il se permit même quelques révérences auprès de certains Alchimistes qui le regardaient d'un mauvais œil. Plus par provocation que d'un réel respect. Une fois les bonnes manières respectées, le flot naturel put reprendre son cours normal. Chaque nation arrivait par le couloir qui lui était affecté. Certains mages regardait tout de même Apollonius, se demandant la raison pour laquelle le guerrier Shintô l'avait abordé. Les discutions allaient bon train, aussi bien sur des sujets futiles que sur des questions plus importants. La mise en route d'une telle réunion s'avérait bien plus longue à mettre en place que la rotation de l'Ouroboros. La différence résidait dans le partage du gâteau. Il est beaucoup plus long à dix convives de se décider à prendre une part que lorsqu'on on est seul à table. Encore une fois pour une question de protocole où on ne veut pas commencer les hostilités, invitant plutôt les autres à le faire à notre place. Ce qui ne nous empêche pas de lorgner discrètement les autres afin de vérifier si ceux-ci ne prennent pas la plus grosse part. Mais ce sentiment d'être surveillé fait que souvent celui qui se retrouve avec le plus gros morceau est celui qui a réussi à se glisser au milieu du service. Entre ceux qui observe encore les premiers servits et ceux qui regardent où se trouve la plus grosse part qui reste à prendre. Réussir à usurper la partie la plus convoitée s'avérait donc un véritable art et chacun se demandait qui de cette année parviendrait à obtenir la cerise sur le gâteau. L'arrivée de la Geb Sephiroth au pupitre central signifiait que la séance allait bientôt commencer. Elle était accoutrée de ses vêtements d'apparat les plus somptueux. Sa toge tissée de fil d'or s'enroulait parfaitement sur son corps svelte et elle portait une couronne de laurier qui encerclait sa fine chevelure. Les cheveux revêtait une importance particulière pour les Sephiroth. Ils symbolisaient la féminité mais surtout la force et le courage. N'importe quelle femme prouvant sa virginité pouvait prétendre au culte Sephiroth. Mais les plus grandes prêtresses étaient souvent celles qu'on avait initiées dés leur plus tendre enfance. Celles à qui on n'avait jamais coupé les cheveux car disait-on, se trouvait ainsi dans leurs pointes la source de leur karma. C'est pourquoi la chevelure de la Geb se répandait en une toison florissante qui se recourbait au final en un large chignon maintenu par une flopée de cordons d'or. Avec la grasse d'une reine, elle frappa son marteau sur le pupitre afin d'ouvrir la séance plénière.
«  Mesdames... Messieurs... Nous allons pouvoir commencer cette réunion . Je donne sans attendre la parole au Maester Alchimiste Bolos de Mendès... » La Geb Sephiroth insista sur la formule Mesdames... Messieurs afin d'accentuer le fait que les femmes participaient bel et bien à la vie politique de Gaïa. Même si les autres nations les cantonnaient aux fourneaux, elles pouvaient s'avérer de redoutables adversaires. La Nation Wicca sortit d'ailleurs de l'ombre grâce au fanatisme de femmes qui fondèrent la société secrète de la Tigresse Blanche, puisant ses origines à l'age sombre de Gaïa. Contrairement aux Sephiroth, ses membres ne cherchait pas la virginité. Bien au contraire, elles absorbaient l'énergie vitale de leurs concubins grâce à une pratique de l'amour très particulière. Les plus expertes pouvait même en faisant l'amour, consommer le fruit jusqu'à la transmutation. Aussi bien dans un sens que dans un autre. Le secte entreprit alors un complot contre une caste seigneuriale qui leur permit de mettre à sa tête un seigneur homme habité par une Tigresse blanche ainsi que de contaminer tous les têtes pensantes de ce royaume. Ce qui eut pour résultat certes une certaine schizophrénie de la part de ces hommes d'Etat mais aussi de placer les fondations d'une nouvelle société. Le principe de la prêtresse mère fut alors mis en place. Sont rôle était cantonné à la religion mais par la suite elle prit de plus en plus d'importance pour au final prendre les rênes du pouvoir. Le principe de la virginité de la prêtresse mère fut surtout mis en place afin de la protéger de l'équivalent masculin des Tigresses Blanches: les Dragons de jade. Ces deux sectes se livrèrent une bataille forcenée afin qu'un des deux sexe prenne l'avantage sur les secrets de la transmutation charnel. Cette méthode s'avérait redoutable puisqu'on pouvait absorber sa victime sans le moindre soupçon de sa part. Celle-ci pensait arrivé à l'apothéose du plaisir sans se douter qu'elle ne faisait que s'enfermer dans une prison corporelle. La légende dit que ce serait les Tigressse blanches qui prirent le dessus et que cette secte existerait encore au sein de la société Wicca. Les plus mauvaise langue affirme que la Geb Sephiroth les utiliserait afin de contaminer les autres nations et initier ainsi une révolution féministe Mondiale. Les Atoniens seraient les descendants des Dragon de Jade, c'est pourquoi ils auraient aussi prôné le célibat à leur révérend afin d'éviter une nouvelle contamination. Toute ces rumeurs invérifiables suite à l'inquisition qui brûla tous les livres d'histoire après l'âge sombre alimentaient bien sur des tension entre ces deux nations. Peut être y trouvons-nous là la véritable raison de la haine des Atoniens envers Cernunnos. Est-ce aussi la raison pour laquelle la Geb Sephiroth souhaitait donner la parole aux Atoniens en dernier? Par provocation? Quoiqu'il en soit pour l'instant les débats s'avéraient monotone et plats. Certains membres du conseil commençaient d'ailleurs à s'endormir sur leur siège. Apollonius quant à lui se faisait un honneur d'écouter tout ce qui se disait même si cela se révélait rébarbatif. Son nouveau sacerdoce, son immersion dans les basses sphères de la société l'avait mené à une vision plus respectueuse de la politique. Car que dire de ces représentants de la haute société qui dictent sa lois à la plèbe, leur donnent des leçons de morale mais qui ne sont pas capable de respecter eux-même leurs propres dogmes? Un instituteur accepterait-il qu'un enfant ose dormir dans sa classe? A moins qu'arrivé à une certaine strate de la société, cela dédouane du B-a-Ba. Un peu comme le retraité qui n'a plus besoin de travaillé et peut regarder la jeunesse en disant: « J'ai assez donné mais si je puis me permettre tu fais mal ton job...Vraiment vous les jeunes vous ne savez plus bosser... » Mais la torpeur dans laquelle le conseil s'était plongé allait connaître un réveil en sursaut. La polémique vint d'Encausse Papus, le pontife des Occultistes. Debout , les deux mains posées sur son pupitre, il se racla la gorge avant de parler afin d'être entendu de tous:
« Je sais que parmi vous beaucoup pensent que nos rites se tournent exclusivement sur le sacrifice humain mais c'est loin d'être le cas. Depuis que nous prônons les sacrifices d'animaux, nos enfants grandissent sous de meilleur auspices et les sacrifices humains sont de plus en plus rares. Même si ceux-ci restent nécessaires afin d'entrer en contact avec nos dieux, nous ne les réservons qu ’aux grandes cérémonies. Mais cela n'explique pas les disparitions de plus en plus fréquentes de nos enfants. Tous nos rapports déterminent que ce sont surtout nos territoires à la frontière de celle des alchimistes qui sont concernés. Plus précisément celle du Mage Zosime. Certains villages à proximités de ses terres se retrouvent dépouiller de ses enfants. Cela ne peut plus durer... » Immédiatement, sans attendre qu'on lui donne la parole, le Maester des Alchimistes Bolos de Mendès intervint:
«  Je ne vous permets pas! Vos accusations frôlent la diffamation! Il ne suffit pas de tendre des dossiers pour étayer des propos! Avez-vous des preuves concrètes de ce que vous avancez? » Questionna la Maester.
«  Des preuves tel que vous l'entendez non! C'est pourquoi nous demandons l'intervention du conseil. » Répondit aussitôt le pontife des Occultistes.
«  Si il suffit de cracher son venin pour initier un débat, le conseil n'aura pas besoin de se réunir l'année prochaine! Nous n'aurons pas quitté nos sièges! Nous sommes ici pour débattre de problème grave, pas pour tenir une démographie de nos habitant! » Persiffla le Maester, espérant ainsi mettre court à cette discussion.
«  Si à vos yeux l'âme de nos enfants est insignifiante, ce n'est pas mon cas! A la demande du conseil j'ai réussi à limité les sacrifices humains, ce n'est pas pour que d'autre récolte le Ki de notre progéniture! » S'emporta Encausse Papus afin de montrer sa détermination.
« Certes mais rien ne prouve qu'un Alchimiste soit à l'origine de ce forfait! Vous ne pouvez pas porter atteinte à une congrégation sans preuve! » S'insurgea cette fois-ci le Maester, le doigt pointé en direction de son interlocuteur. La Geb Sephiroth frappa son marteau sur son pupitre afin de mettre un terme à cette controverse qui semblait s'envenimer:
«  Voyons, messieurs! Cela ne sert à rien de s'emporter! » Dit-elle pour apaiser la situation.
« Vous savez mon attachement au développement de toute forme de vie. Si certains jugent ce problème mineur, ils se sont trompés de salle. Nous sommes tous réunis afin que Gaïa connaisse une fertilité abondante. Cela nécessite paix et harmonie, aussi bien envers la nature que les Dix Nations. Et nos enfants participe à cette floraison. Les oublier reviendrait à renier notre passé. Ils sont notre avenir même si certains pensent détenir l'immortalité! Sans eux les sempiternel ne pourrait pratiquer que des transmutations altérées... alors notre devoir est de les protéger. »
Le Sempiternel était le titre qui autorisait la transmutation. Tout du moins la transmutation officielle car face à cette éternité, les fraudeurs pullulaient. Par contre ils se voyaient contraint soit à une vie d'ermite soit à des déménagements fréquents  afin que personne ne constate qu'ils ne vieillissent pas. Pour obtenir le Sempiternel il fallait répondre aux codes d'une des castes des Dix nation. Pour cela il fallait répondre à des critère très précis et prêter allégeance à sa congrégation. Ceci permettait un contrôle despotique de l ’élite puisque celui qui perdait son Sempiternel se voyait condamné à mort. Lorsque on lui laissait le choix, deux possibilités s’offraient à lui. Soit la mort immédiate, soit l’enfermement jusqu’à ce que mort s’ensuive. La deuxième solution étant la plus machiavélique puisque après une vie d’immortel on se retrouvait propulsé dans sa condition du commun des mortels. Il est bien plus dur d’accepter sa mort lorsque on a gouté à l’immortalité. D’autant plus que le Sempiternel se donnait à compte goutte afin d’éviter les dérives passées. Car pour pouvoir user de son Sempiternel on avait besoin de consommer le Ki d’un enfant et il est reconnu qu’un vieillard perds beaucoup de sa fertilité. Après l’âge sombre, pour démocratiser le Sempiternel, les X créèrent des fermes humaines. Mais un jour un esclave refusant sa condition se révolta, prit les armes et parti délivrer toutes les fermes. Fort d’une armée colossale, il se dirigea directement à la capitale pour prendre le pouvoir. Une fois proclamé Empereur, sa première mesure fut d’interdire les fermes. Suite à cela, aucune nations n’osa renouveler l'expérience. C’est alors, lors d’un conseil que le droit au Sempiternel fut déterminé. Chaque nations se vit attribuer 666 Sempiternel, chiffre qui semblait préserver un certain équilibre. Beaucoup d’homme influant dans l’espoir d’obtenir ce précieux sésame usait du crime car c’était là le seul moyen d’hériter du titre. Seul les Wicca, les Atoniens et les Shintô ne pratiquant pas la transmutation se voyaient à l‘abri de ces dérives. Leur conviction religieuse en contradiction avec le principe de vie éternelle les obligeait à renier le Sempiternel. Par contre afin de respecter une équité entre les nations, on leur attribua le même nombre de Sempiternel qu’ils rétribuèrent selon le principe du bail aux autres nations. Ce qui leur octroyaient un pouvoir d’influence énorme puisque une fois l’échéance fini, ils pouvaient redistribuer les cartes. Le mage Zosime s’était justement vu attribué un de ces titre par la Geb Sephiroth. Son cas intéressait donc tous le monde puisque si il perdait son droit, un heureux élu se verrait promu. Le Maester conscient de l’enjeu admis:
« Certes, je ne remets pas en question ce principe fondamental. Mon reproche est plutôt axé sur des accusations un peu rapides et non vérifiées. D'autant plus que maître Zosime n'est pas là pour y répondre. » En faisant remarquer l'absence de Zosime, il pensait ainsi clore la discution. Car pour qu'une accusation puisse aboutir, il fallait que l'accusé puisse se défendre et peut être ainsi prouver son innocence. Mais au lieu d'éteindre le chardon ardent cela ne fit que plus l'aviver.
« Justement Maester  Bolos, l'absence de Zosime fait plus office d'aveu que de présomption d'innocence. Lors de la préparation de ce conseil, sa présence avait été vivement « demandé ». voilà quinze an qu'il n'honore plus son statut et cela fait huit an que son nom est de plus en plus mentionné au conseil. Pour mettre fin aux polémiques, il aurait pu au moins répondre positivement à mon invitation. Cette situation ne peut plus durer Maester Bolos » réprimanda la Geb Sephiroth. S'ensuivit alors une contestation général. Dans chaque hémicycle des voix se levaient afin de faire entendre le mécontentement.
«  Il parait qu'il pratique la transmutation entre l'homme et l'animal! » Averti un Shamaniste sans qu ’on puisse déterminer si son ton était envieux ou accusateur.
« Des OGM? Pas possible.... » Rétorqua un de ses confrère apparemment surpris.
« Même qu'il aurait construit une machine pour combiner plus de deux transmutations! » Surenchérit un Spirite outragé pas ces soit disant expérimentations.
« Sans compter qu'il vampiriserait des adultes! » Dit un Occultiste dont la saveur du sang s'avérait réservé aux seul chef de guerre.
« Il faut à tout prix arrêter ces sacrilèges! » Adjura un Atonien
« Cela fait des années que nos cartomanciers signalent la rupture des forces! »dit un membre Cartien qui ne faisait que répéter ce qu'il disait à chaque conseil. Mais qui cette fois tenait en Zosime celui qu'il fallait brûler vif afin de rétablir l'ordre des choses.
« Cette année est celle de la constellation de Mars et nos Astrologues sont formels...l'âge sombre est de retour! Si nous ne réagissons pas nous connaitrons le sort de nos père »Répliqua un Astron afin de conforter le sentiment des Cartiens.
Dans ce climat délétère, le Maester  Bolos ne pouvait plus placer un mot. L'assemblée semblait soudainement prise d'un tel effroi qu'il valait mieux pour lui qu'il ne s'interpose pas. La Geb Sephiroth sentit qu'il fallait mettre un terme à cette agitation avant que la situation ne devienne ingérable. Elle usa donc de son marteaux pour rétablir un semblant d'accalmie. Elle dût se servir de toute sa force afin que le martèlement couvre le jacassement du conseil.
«  Il suffit messieurs! Comportez vous en gentlemen! Cela ne sert à rien de lancer des allégations à tout va. Une commission d'enquête comportant un membre de chaque nation ira instruire chez le mage Zosime. Une fois son rapport remis nous saurons tous à quoi nous en tenir. La séance est levée! »cria t-elle sans ménagement. Cette intervention soudaine permis de désamorcer l'animosité qui électrisait la salle. Certes le malaise initié par Papus pesait toujours mais l'assemblée paraissait contentée par ce lynchage organisé autour de Zosime. Tels des vampires qui venaient de se rassasier du sang d'une victime, ceux-ci partaient l'âme soulagée avec ce sentiment que tous leur maux trouvaient un remède miracle. A chaque fois d'ailleurs que le Yin prenait le dessus sur le Yang et qu'une société périclitait, il fallait qu'elle trouve un exutoire en diabolisant son voisin soignant ainsi le mal par le mal. Se coaliser non pour un changement réel mais afin de détourner les regards de ses propres déjections. Et lorsque l ’ennemi se trouvait plus bas que terre, piétiné par les heureux vainqueurs, chacun pouvait s’occuper au relèvement de sa nation. Les uns grâce aux conditions qu’ils pouvaient imposer, les autres par nécessité. Chaque nation se congratulait donc de la tournure des évènements, mis à part les Alchimistes qui espéraient que le lynchage programmé de Zosime ne se répercute pas sur leur nation entière. Ils sortirent de leur hémicycle un goût amère à la bouche. Ce qui n’était pas le cas des autres nations qui exprimaient sans retenu leur satisfaction.
« Enfin on va savoir ce qui se passe vraiment. » Affirma un Occultiste sans se poser la question si face à un cancer en phase final, il n'était pas préférable de rester dans l'ignorance afin de mourir l'âme en paix. « Ce n'est pas trop tôt! » Surenchérit un Atonien comme si cette annonce était celle du jugement dernier. Restait simplement à déterminer si c'était seulement celui de Zosime ou celui de Gaïa.
« L'équilibre des éléments va enfin pouvoir se stabiliser. »Certifia cette fois un Shamaniste.
« Non! C'est trop tard, le chaos est amorcé! » Annonça un Cartien stoïquement.
« Mais arrêtez donc! Le conseil est bien trop puissant pour se laisser infléchir par un seul homme. » Assura une Wicca.
Les couloirs menant à la sortie s ’avéraient propice pour se mêler aux autres nations. Mais comme des enfants sortant de classe, chaque caste restait regroupée. Seule la Geb Sephiroth en tant que marraine du conseil se joignait aux autres groupes. Lorsqu’elle aperçût Apollonius, elle se jeta instinctivement dans ses bras:
«  Apollonius, quelle joie de te voir ici. » Dit-elle avec engouement. Elle lui fit la bise et une fois sa bouche prêt de son oreille, elle en profita pour lui susurrer:
«  L ’heure est grave! Rejoins-moi dans mes appartements, il faut à tout prix que je te parle. » Comprenant que la discrétion était de mise, Apollonius répondit seulement à la première intervention de la Geb Sephiroth:
« Tout le plaisir est pour moi. Vous voir dans vos habits d ’apparat est un spectacle que je ne louperais pour rien au monde. » dit-il pour tromper la vigilance de son Maester qui avait certainement remarqué la longueur de ce baiser insolite. La Geb Sephiroth comme pour couper l’herbe sous les pieds de Bolos, prit les devant. Elle se tourna vers lui et s’inclina légèrement pour le saluer.
«  Maester… Vous me voyez désolée pour l ’enquête ordonnée vis-à-vis de l’un de vos membres. » S’excusa-t-elle.
«  Pas autant que moi, je ne voudrais pas que cette histoire ternisse notre congrégation. » rétorqua-t-il contrarié. Par ces excuses inopinées, la prêtresse mère réussit à reléguer au second plan son baiser singulier. Toujours légèrement inclinée, elle joignit ses deux mains et les porta prêt de son nez afin de stipuler le profond respect qu ’elle vouait au Maester Alchimiste.
«  Vous ne pouvez être responsable de tous vos membres. Personne ne vous reprochera la perte d ’une brebis galeuse. » Affirma-t-elle. Par cette remarque, la riposte du Maester fut immédiate:
« Rien ne prouve encore que cette brebis se soit effectivement égarée. »
« Certes. » dit laconiquement la Geb Sephiroth dont le ton laissait sous entendre que ce n ’était qu’une question de temps. Face à cette réponse des plus concise, le Maester en profita pour prendre à son tour les devant:
« Voyez-vous… Ce qui me déplais dans cette histoire, c ’est le manque de sérénité dont semble souffrir le conseil. Les conditions pour une instruction impartiale ne me semble pas réunies. J’ai plutôt l’impression qu’une culpabilité de Zosime arrangerait tous le monde. »
«  Je vous accorde que la séance manifestait une certaine… » La Geb Sephiroth s'interrompit pour trouver ses mots. «comment dire: agitation… mais c ’est toujours le cas lorsque on réuni un trop grand nombre de personnes. Le temps de parole dont on dispose nous oblige à aller à l’essentiel. Ce qui nous pousse souvent à la mésentente. Mais ne doutez pas qu’une commission de dix émissaires permettra d’éclairer tout le monde sur la réalité des faits. D’autant plus que nous pouvons compter sur le bon sens de chaque nation pour choisir les plus compétents. » Concéda la Geb Sephitoth qui espérait ainsi mettre de l'eau dans son vin et faire passer plus facilement la pilule de l'enquête ordonnée.
«  Certes vu sous cet angle, le climat me parait plus détendu mais je doute que ce soit le point de vue de tout le monde. N'oubliez pas aussi que si Zosime devait perdre son Sempiternel, cela vous désavouerait. En lui accordant votre confiance vos destins sont liés. Sa chute serait interprété comme un manque de discernement de votre part. » Affirma le Maester qui espérait ainsi influencer le futur arbitrage des Wicca.
«  Si vous ne pouvez être responsable des actes de Zosime, je le suis encore moins. Je pense plutôt que la perte de son Sempiternel attiserait  énormément de convoitise et pousserait certaines nations à nous caresser dans le sens du poil. Heureusement que notre féminité nous rend glabre sinon nous succomberions forcement à autant de sollicitation. » ironisa alors la Geb Sephiroth qui ne désirait pas tomber dans le piège tendu par l'alchimiste.
«  Désolé d'avoir douté de votre adresse vous permettant de vous sortir des situations délicates.  Espérons que Zosime fera preuve de la même subtilité.» S'excusa le Maester en baisant la main de la Geb Sephiroth afin de prendre congé de cette redoutable Pythie. Car sans s'en rendre compte, le Maitre Alchimiste essayait déjà de caresser cette prêtresse dans le sens du poil. La prédiction de celle-ci se réalisait avant même que le sort de Zosime ne soit fixé. A moins que la diseuse de bonne aventure ne se serve non d’un don surnaturel mais de sa prédisposition à décrypter dans le regard de son interlocuteur la détresse qui l'habite. Toute bonne prophétie n'est t-elle pas une thérapie pour une âme en peine? Tout bon prophète n'est-il pas celui qui prédit ce que veut bien entendre son auditoire? Vivement alors que Lilith grandisse et prône par sa différence que tout le monde a droit au bonheur. Que même si celle-ci à cause de sa dissemblance se verra d’abord regarder d’un mauvais œil, elle le crèvera alors afin que cette cécité oblige son propriétaire à ne plus se fier aux apparences. Il se vera alors contraint de sonder avec ses doigts le visage de celle-ci et apprécier chaque aspérité, chaque rides camouflées qui abrite une émotion. Se faire une idée sur l’individu au sens large et se rendre compte que la réelle infirmité est de posséder tous ses sens. Car du coup aucun de nos cinq sens n’est sublimé afin de compenser une quelconque carence. Que vaut-il mieux, cinq malheureux sens commun ou un nombre encore plus petit mais bien plus stimulé? La Geb Sephiroth pensait obtenir grâce à Lilith, l’unique sens digne de ce nom: le toucher. Toucher du doigt la vérité sur le véritable créateur de Gaïa. Même si sa confession ne faisait aucun doute, tous les infidèles de ce bas monde empêchaient à Gaïa de s’offrir dans sa toute splendeur. C’est pourquoi après ces quelques mondanités elle se rendit directement dans ses appartements afin de s’occuper des réels soucis qui la tourmentaient. Les Alchimistes se retrouvèrent alors seuls. Aucun membre des autres nations ne semblait vouloir venir leur adresser la parole. Le seul d’entre eux dont on avait eut la courtoisie de venir saluer était Apollonius. D’abord approché par le Seigneur Shintô puis par la Geb Sephiroth qui avait ensuite discuté avec le Maester pour la simple raison qu’il se trouvait à côté. Malgré qu’Apollonius se trouvait en bas de la hiérarchie des Alchimiste, Bolos comprit immédiatement qu’il avait une carte intéressante à jouer en sa personne. Il le prit par l’épaule et l’emmena un peu à l’écart. Précaution inutile puisque les autres congrégations faisaient tout pour éviter les alchimistes du regard.
«  Venez Apollonius, il faut que je vous parle. » Enjoigna le Maester sur un ton entre l’exigence et la complaisance.
«  Bien que nous ayons jamais eu l’occasion de nous  fréquenter souvent, j’ai toujours suivi votre parcours. » dit-il en préambule.
«  Et j’ai totale confiance en vous, c’est pourquoi j’aimerais que vous soyez notre émissaire pour l’enquête sur Zosime. » Finit-il par demander. Apollonius ne s’attendant pas une telle requête resta bouche bée. Le seul mot qui réussit à sortir de ses lèvres fut:
« Euuhh. »
«  Je sais que cette demande peu vous prendre de court mais il n’est pas utile d’être devin pour constater que vos voyages ont tissé des liens fort parmi les autres nations. Vous êtes donc le mieux placé pour défendre notre intérêt. » assura le Maester. Devant cette affirmation, Apollonius se ressaisit. Déjà en venant au conseil, il s’était jeté dans la gueule du loup. Aller chez Zosime équivaudrait à se retrouver au sein même de la meute. Il réagit donc immédiatement:
«  Je ne pense pas que ce soit une bonne idée Maître. Vu mes antécédents avec celui-ci, cela risquerait de jeter de l’huile sur le feu. » Assura Apollonius.
« Face à la puissance représenter par la coalition des Dix Nations, vous n’avez rien à craindre. En tant que questeur, il se vera obligé de vous recevoir avec tout le respect qui vous est dû. » rassura le Maester. Car les questeurs avaient le potentiel de maîtriser l’ensemble des quatres éléments. Chaque nation étant plus ou moins spécialisée dans un domaine spécifique faisait que chaque membre représentait un doigt. Les dix formaient donc une poigne pouvant ceinturer n’importe quel adversaire. Certes face à une armée aguerrie il faudrait opposer plusieurs poignes mais une seule suffisait à terroriser n’importe quel adversaire. Cette garantie ne rassura pas pour autant Apollonius qui déclara:
« Si j’ai pris mon indépendance vis-à-vis de mon ancien maître, c’est que les deniers temps je trouvais celui-ci de plus en plus instable. Je ne pense pas que le temps ait arrangé les choses. Malgré l’assistance de la commission, ma présence risquerait de le mettre dans une rage folle. » Mentit-il à moitié.
« Même si c’est le cas, ceci irait à notre avantage. En montrant aux autres que nous ne contrôlons plus cet individu, cela nous dédouanerait de toute responsabilité. » Conclut le Maester qui voulait tirer la situation à son avantage. Apollonius se sentit acculé mais il trouva son salut en se souvenant de l’intervention d’Uesugi:
«  Je serais heureux de contribuer à la gloire de notre congrégation mais Bouddha a demandé à me voir. Je ne peux faire attendre le Dalaï des Shintô. » Avertit-il espérant ainsi être définitivement mis à l’écart. Le Maître Alchimiste porta sa main au menton comme si cela allait donner la solution miracle à son dilemme. Il ne pouvait effectivement envoyer Apollonius chez Zosime puisque la diplomatie requérait que la demande de Bouddha soit honorée dans les plus brefs délais. On ne pouvait faire attendre un homme d’une telle importance. Bolos constata simplement qu’Apollonius se trouvait encore une fois à devoir côtoyer les gens les plus influents de Gaïa. Même se cela servait forcement les Alchimistes, Bolos s’inquiétait qu’un de ses membres jusqu’à présent sans intérêt soit autant consulté. Cela risquait de l’obliger à lui donner une promotion qui mécontenterait certains de ses dignitaires apparemment mieux placés. Mais on ne pouvait empêcher certains électrons libres de venir bouleverser l’ordre des choses. Surtout si ceux-ci gravitaient autour des dirigeants des autres nations. Le Maester se résigna donc à envoyer un autre émissaire chez Zosime. Mais avant, il désirait en savoir un peu plus sur le Mage qui fuyait le conseil depuis qu’Apollonius l’avait quitté. Il dit alors:
« Votre priorité est d’honorer la demande de Bouddha. Je trouverai quelqu’un d’autre pour vous remplacer. Par contre nous n’avons parlé que sommairement de votre départ de chez Zosime. Pourriez vous m’en apprendre d’avantage. »
« Vous savez, je n’ai rien à ajouter que je ne vous ai déjà dis. » Menti Apollonius.
« Apollonius, il y a quinze ans les circonstances étaient différentes. Aujourd’hui Zosime est accusé de faits graves. Si les plaintes en son encontre s’avèrent exactes, il lui a fallu plusieurs années afin de réaliser ces méfaits. Vous étiez donc à ses côtés lorsqu’il a initié cette spirale. » Le Maester s’interrompit pour stipuler qu’il n’était pas dupe. Espérant ainsi qu’Apollonius comprenne que le moment était venu de se mettre à table. Il reprit ensuite sa démonstration:
« Il est important que nous sachions si ces faits sont avérés. Comme cela nous pourrons préparer au mieux notre plaidoirie et minimiser votre implication si implication il y a. Dites moi ouvertement si Zosime a dérapé? » Demanda le Maester qui ne pouvait pas être plus explicite. Instinctivement Apollonius mis ses mains dans les poches comme si par ce geste il cherchait à se renfermer, à se recroqueviller sur lui. Il savait que son passé pouvait le rattraper mais son insouciance éclipsait jusqu’à présent cette évidence. Devait-il nier l’authenticité du réquisitoire ou saisir cette perche tendue? Dans l’immédiat, il empoigna le talisman inhumé au plus profond de sa poche. Ce qui eu pour conséquence d’exhumer le premier squelette d’une hérésie consommée. Témoignant ainsi une confession muette que seule sa conscience semblait entendre. Il y a parfois des mots qui déclenchent en vous des brides de souvenir lointain. Les deux termes qui déclenchèrent cette réminiscence furent: spirale et dérapé. Il se revit plein d’entrain à l’idée de conduire l’expérience la plus dantesque de sa carrière. Il en oublia complètement le présent et fut projeté littéralement dans le passé.
« Maître Zosime, nous avons un problème… La vache vient de mettre bas et nous n’avons plus de bébé sous la main. » S’entendit-il dire la voix encore voilée par les stigmates d’une vérité difficile à accoucher. Mais dont l’omniprésence fit que le flou occasionné par le passage du temps se dissipa. Il put donc apprécier chaque détail insignifiant qui pourtant à l’époque crevait les yeux. Il se trouvait dans les bas-fonds du château de Zosime, transformés depuis quelques temps en laboratoire sordide. La lumière générée par de nombreuses bougies et des torches parsemées ici et la donnait l’impression de se trouver dans un sanctuaire clandestin dédié à un cheptel particulier. Au centre de la pièce se trouvait un échafaud sur lequel on pouvait lier un homme, ainsi qu’un système de poulies qui cette fois pouvait maintenir n’importe quel animal. Tout autour, des box abritaient une multitude de race animal. Des cages plus petites hébergeaient quant à elle des espèces plus menues. Dans un angle une fourmilière artificielle trônait sur une table. Zosime manipulait des tube a essai prêt d’une distillerie artisanale qui tournait à plein régime. Toujours affairé à sa tâche sans même regarder Apollonius il lui répondit:
« Qu’à cela ne tienne, va chercher un prisonnier. Il te sera reconnaissant de le transmuter dans un corps de jouvenceaux. »
« Mais cela risque de charger le cobaye en ondes négatives. » Averti Apollonius. Devant cette remarque pertinente, Zosime déposa son tube à essai et regarda cette fois-ci Apollonius droit dans les yeux. Comme un serpent qui cherchait à hypnotiser sa victime il persifla :
«  Justement, cela rendra notre minotaure que plus hargneux. Tant qu’à faire autant prendre le condamné le plus machiavélique. Bien sur cela rendra ta transmutation plus dangereuse mais crois moi, tu en seras d’autant plus fièr. » Il prit alors Apollonius par l’épaule d’un air protecteur et lui parla comme à un enfant qui venait de casser son jouet mais à qui on proposait de la remplacer par un bien plus gros:
«  Ne t’inquiète pas je t’assisterai dans cette opération. Viens avec moi, on va choisir l’heureux élu. » Rassura-t-il un large sourire aux lèvres. Par les souterrains lugubres ils se rendirent directement dans les geôles où s’entassait un ramassis d’individu au bord de la décrépitude morale. Zosime ordonna aux gardes d’entrer à l’intérieur et d’aller titiller avec leur lance les prisonniers. Ceux-ci s’exécutèrent docilement sans demander les raisons d’une telle démarche. Les corps piqués restaient la plupart du temps amorphe. Seuls certains plus vigoureux que les autres se déplaçaient silencieusement pour laisser passer les gardes. Tous paraissaient résignés à leur sort, attendant stoïquement leur mort. Zosime commençait à s’impatienter. Il doutait même trouver là une être digne d’avoir une seconde chance. Certes pas des plus idéal mais qui lui permettrait de continuer à vivre sous d’autre auspice. Il failli ordonner aux gardes d’arrêter leur recherche pour se résigner à choisir un détenu au hasard. Mais c’est lorsqu’ on croit ne jamais trouver ce que l’on veut qu’on fini par y tomber dessus. Un prisonnier plus intrépide que les autres refusa qu’on vienne le bousculer sans raison apparente. De toute façon il savait son sort scellé. Même si l’homme a déjà prouvé qu’il pouvait survivre dans les pires conditions qui soi. Même celles innommables tellement l’horreur vécue ne peut porter de nom. Et même si cela s’avérait complètement inutile, le désespoir pousse certains à se jeter dans les barbelés ou à opposer un dernier affront. Les deux solutions conduisant au même résultat, les deux choix aspirant au même vœux: Une mort libératrice de la cruauté humaine car on ne peut plus croire en sa propre humanité. D'autant plus que ce prisonnier arrivait au terme de sa vie. Ses cheveux hirsute, complètement blanchi par le temps attestait un âge avancé. Même la crasse n'arrivait pas à cacher cette longévité. Ce vieillard n'avait donc plus grande chose à perdre. Il empoigna alors la lance du garde et essaya de la retourner contre son propriétaire. Mais épuisé par ses conditions carcérales, il ne put opposer de réelle résistance. Il ne réussit qu’à déséquilibrer légèrement le garde. Celui-ci ramena brusquement la lance à lui. Ce qui eut pour effet de faire lâcher prise au détenu. Aussitôt sa lance libérée, le gardien la suréleva afin de pouvoir l’abattre de toute ses force sur le malheureux qui avait osé souillé son arme. Au moment fatidique leurs regards se croisèrent. Dans l’un on pouvait y lire:
«  Pauvre con! Tu t’attendais à quoi? Je suis bien plus fort, plus armé que toi et tu oses me défier? Respire un bon coup car c’est la dernière fois que tu as cette chance. » Et dans l’autre regard émanait encore un brin de bravade qui stipulait:
« Tu crois avoir le dernier mot mais dans ta cruauté tu va m’offrir ma délivrance. »
Zosime fou de rage qu’on puisse lui soustraire ce qu’il venait chercher hurla à l’attention de son garde: «  NOOOONNNNNN! » Cette injonction interrompit instantanément le bras qui s‘apprêtait à envoyer le prévenu en comparution immédiate auprès du saint jugement. Le gardien interloqué observa son seigneur d’un regard interrogateur ne comprenant pas la clémence inhabituelle de celui-ci. Jusqu’à présent le moindre geste de protestation de la part des prisonniers leur avaient valu une réaction immédiate: la mise à mort. La réponse vint de la bouche même du mage:
« C’est lui que je veux! Emmenez le moi au laboratoire. Par la force si il le faut! Vous pouvez lui casser un bras, une jambe mais je le veux vivant! Compris? » Vociféra-t-il afin que son ordre soit exécuté immédiatement. Et par la force, les gardiens n’eurent pas le choix. Le détenu déçu de ne pas être affranchi par la mort se débattit et chercha à boxer ses anges gardiens pour les pousser à la désobéissance. Il espérait en frappant comme un dératé atteindre ses cibles et provoquer chez eux les automatismes inculquer. Le réflexe du chien de combat qui mord directement à la gorge sans se poser de question. Mais ces chiens là étaient bien plus redoutables puisqu’ils étaient capables de prendre le dessus sur leurs instincts pour obéir à la seule voix de leurs maîtres. Ce qui avait pour conséquence une main mise de celui-ci. Qui y a-t-il de plus dangereux qu’un homme transformé en bête qui ne peut plus compter sur son instinct? Celui du véritable homme, celui de la réflexion? Car si un dompteur décide d’utiliser son art pour apprendre à ses bêtes à mordre soyons sûr que ce n’est pas pour que ceux-ci se contente de garder le troupeau. Ils traînèrent donc le prisonnier par les cheveux tout en le rouant de coups afin qu’il soit au plus vite enchaîné sur la table du laboratoire. Ne pouvant plus se débattre, il ne lui restait plus que sa voix pour s’insurger et les mots choisis ne chantèrent pas des louanges:
«  Bande de porc, je vous crèverais tous! Tuez moi! Tuez moi! Et je reviendrais parmi les morts pour me venger! Car je vous maudis tous! Mon esprit vous hantera à jamais! » Beuglait-il  pendant qu’on enchaînait le veau à ses côtés. Zosime qui rendait souvent une justice arbitraire avait oublié que croupissait dans ses geôles un Spirite. Car à n’en pas douter, seul un Spirites pouvait menacer de la sorte. Ces invectives ne firent que donner le sourire au Mage Alchimiste. Il se dit en ironisant: « Mais mon pauvre, tu n’es pas encore mort! Il faudra attendre pour ta vengeance car on va te redonner une seconde jeunesse. » Après cette pensée inopiné, il prit les choses en main pour que son assistant commence son office:
« Bon! Le plus dur avec des adultes c’est de bien maîtriser son Ki. Il ne faut surtout pas qu’il se mélange au tien pour que tu puisses garder le contrôle de la situation. Mais ne t’inquiète pas, on va faire boire à ce pourceau une petite concoction qui anesthésiera un peu son Ki. » Aussitôt dit, aussitôt fait. Zosime prit un entonnoir sur un établi et l’enfonça directement dans la gorge du prisonnier. Il versa sans ménagement l’Alkalhest, certain que le cobaye se verrait obligé de le boire pour ne pas étouffer. Il en versa plus qu’il n’en fallait afin de faciliter un peu plus le travaille d’Apollonius. Ce qui permettrait aussi d’endormir un peu ce patient qui se montrait très peu coopératif. Puis il retira tout aussi brusquement l’entonnoir et s’en se soucier de l’état du cobaye il continua ses recommandations:
« Voila! Maintenant à ton tour. » dit-il en remplissant un verre avec un tout autre remède. Complètement dévoué à son maître, Apollonius ingurgita son verre. Il ne doutait pas un instant du bien fondé de cette action.
« Cette potion va dynamiser ton Ki. Et avec la dose d’Alkalhest que j’ai fait boire à l’autre, tu as peu de chance de louper ton opération. » Informa-t-il. Les effets de la potion commençaient à agir. Le prisonnier se débattait toujours inutilement mais il paraissait moins vigoureux. Apollonius commença donc son opération. Au bout de quelques minutes, une légère brume sortit de la bouche, des narines du condamné et reliait Apollonius. N’ayant jamais assisté à une transmutation, le prisonnier s’affolait. Il se demandait quel sort on lui réservait. Lui qui désirait vivement mourir quelques instants plus tôt, craignait connaître pire châtiment. Plus les secondes passaient, plus il avait l’impression de quitter son corps à jamais. Mais hélàs pas pour rejoindre les cieux, bien au contraire.
«  Il ne faut surtout pas laisser une seule goutte de Ki couler en lui. Absorbe absolument tout. Jusqu’à ce que le dernier méridien soit asséché. » Conseilla Zosime. Et lorsque le détenu qui cherchait à soulever son bassin dans l’espoir de briser ses chaînes retomba complètement inanimé, Zosime sut la première phase terminée. Il recommanda tout de même:
« Prends ton temps. Même si tu crois avoir fini, continue à chercher la moindre bribe de Ki. Et après seulement, tu fais la même chose en sens inverse. Avec tout autant de parcimonie afin d’éviter toute fausse couche. Tu dois sentir ce Ki te quitter et le diriger dans le veau. » Ensuite Zosime se tu afin de laisser son apprenti se concentrer. Apollonius transpirait à grosses gouttes. Jamais il n’avait connu pareille sensation. Il avait l’impression de ressentir ce qu’aucun homme normal pouvait éprouver: La conception de l’intérieur. Car il sentait effectivement cette vie bouger en lui. Après s’être assuré d’avoir tout pompé, il réinjecta alors le flux dans le veau. Lorsque Zosime aperçut le flux, il reprit sa leçon:
« Et là, vu la flexibilité du corps d’un nouveau né, tu peux le façonner à ta guise en mélangeant les deux codes génétiques. N’hésite pas à les forcer. Casse pour ensuite reformer différemment. Et recommence jusqu’à ce que tu sois satisfait du résultat. » Une nouvelle fois Zosime se tut et apprécia d’un œil expert l’œuvre réalisé par son apprenti. Sous leurs yeux, le veau se transformait en minotaure. Il beuglait à en perdre haleine. Ses os craquaient en mille morceaux afin de changer la forme de l’ossature. Un thorax, des bras, des jambes de garçonnet se formaient peu à peu. Lorsque Apollonius finit son chef d’œuvre, il tenait difficilement sur ses jambes. Il paraissait aussi exténué qu’une femme venant d’accoucher. Mais comme elle, une fierté insondable l’inonda et il regarda ce jeune minauder avec le regard d’un père. Certes il n’avait pas réussi à résorber son pelage blanc hérité de la chevelure du condamné. Mais ce petit défaut se révélait mineur face à l’exploit réalisé et Apollonius alla instinctivement enlacer le minotaure. Zosime conscient de la performance réalisé par son apprenti lui tapota dans le dos et lui dit:
« Bravo… Tu vois que tu en étais capable… Je suis fière de toi. Que ce premier O.G.M. donne le jour à une multitude de frères qui viendrons grossir mon armée. Et demain nous marcherons sur les lauriers de nos nombreuses victoires. »
Chaque nation, selon leurs besoins, selon leurs croyances créait de nouvelles races animales. Tant que les gènes humains n’étaient pas mélangés à celle de l’animal, les expérimentations génétiques étaient tolérées. Au grand regret des Wicca et des Shaman, les Atoniens avaient réussit à faire voter cette loi au conseil. Il avait été décrété criminel d’altérer les gènes humains avec celle des animaux. Et là, Apollonius sous la complicité de Zosime venait de commettre son premier acte d’hérésie. Si à l’époque Apollonius en avait éprouvé une grande satisfaction, ce n’était plus le cas aujourd’hui. De retour dans le présent il dit tête baissée:
« Il se peut que nous ayons quelque peu dérapé. » Devant cette confession à peine voilée, le Maester Alchimiste répondit aussitôt:
« Vous auriez dû me le dire plus tôt! Comme cela nous aurions put laver notre linge sale en famille. » Conclut le Maester Alchimiste.

Par Cochise - Publié dans : Lilith ou l'enfant philosophale
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Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 13:56

 

Et la lumière fut!



 

Gaïa monde où la magie côtoie l'hermétisme, régie par les quatres éléments initiaux: La terre, l'eau, lair et le feu. Qui pour le meilleur a connu le pire et qui désormais a atteint un équilibre précaire grâce à la naissance des Dix Nations. Stabilité aussi chancelante que celle de l'équilibriste dont on couperait le fil d'Ariane sur lequel il évolue. Mais qui reposerait alors sur le sommet du Tetraktys pythagoricien formé par la pyramide des Dix Nations. Reste alors à savoir combien de temps réussirait à tenir ce funambule sur ce piton acéré ? Seul un montagnard chevronné parviendrait à s'éterniser jusqu'à la fin des temps. A moins que ce soit Cernunnos le Cornu ,dieu des Wicca qui trône au panthéon de cette pyramide. Qui avec ses sabots exécuterait la plus belle des danses pour qu'enfin chaque citoyen de Gaïa reconnaisse sa divinité. Car si chaque Nation s'avérait fort différentes, leur religion l'était tout autant. Et les prêtresse Wicca appelées Sephiroth par cette nuit de pleine lune, décidèrent de faire revenir parmi les hommes une déesse. Pas n'importe laquelle d'ailleurs, elles optèrent pour Lilith, déesse du savoir qui à leur yeux s'avérait la seule à pouvoir communiquer avec le Dieu créateur. Pour cela, les Sephiroth durent s'assurer la complicité de Zosime. Lui seul était capable de réussir un tel exploit. Maitre Alchimiste de grande renommée, Zosime étudiait depuis quelques années la Table d'émeraude dérobée dans la crypte d'Hermès Trismégiste par son plus proche apprenti: Apollonius. Ceci à des fins personnelles dans l'espoir d'acquérir une puissance équivalente à celle des dieux. Car avec la table d'émeraude, Zosime savait qu'il possédait à présent le canevas afin de créer toute chose. Cette table incrustée dans la pierre lui avait permis notamment de perfectionner se méthode de transmutation des âmes mais surtout de fabriquer l'Ouroboros une machine complexe pouvant associer plus de trois âmes. Et par cette nuit des treize lunes, il allait pour la deuxième fois mettre son mécanisme en marche. L'ossature de l'Ouroboros représentait un serpent qui se mordait la queue exprimant le cycle éternel de la nature. Afin de l'enclencher il fallait le faire tourner, c'est pourquoi on avait inséré sur ses bords de grands rondins en bois pour permettre à l'homme de mouvoir ce carrousel. Vu la charpente colossal de cette structure qui mesurait plus trente trois mètres de diamètre seul l'animal pouvait la tracter. D'autant plus que cette armature fabriquée complètement en or faisait aussi office d'arène sur laquelle allait se jouer un véritable opéra napolitain avec plus de douze protagonistes. Son poids titanesque frôlant les quinze tonnes nécessitait pour son remorquage la création d'une nouvelle race animal. Tout comme le cheval de trait qui fut créé pour des besoins militaires, Zosime décida d'engendrer un être capable par la suite de le servir pour guerroyer. Son choix se porta naturellement sur le Minotaure, animal mythique à la puissance surhumaine. Pour cela il brava l'interdit majeur concernant une des règles de la transmutation n'acceptant que celle d'un adulte vers un nourrisson ou vis versa. Cette tâche revint à Apollonius qui sous la tutelle de son mentor transmuta l'énergie vitale d'un prisonnier dans le corps d'un veau. Ce mélange des deux codes génétique combinés à la maniabilité d'un organisme nouvellement éclos permirent la transformation des deux races en un authentique Minotaure. Par cet acte Zosime et Apollonius se rendaient coupables d'hérésie envers les lois des Dix Nations. Mais la fin justifiait les moyens car tout grand visionnaire se doit avant tout de bousculer la déontologie. D'ailleurs ce n'était pas la première fois que Zosime se rendait coupable d'hérésie. Afin de vérifier si son Ouroboros pouvait combiner plus de trois âmes, il créa une autre créature fantastique: Le Sphinx possédant le buste d'une femme, le corps d'un lion et des ailes d'oiseaux. Le challenge fût à la hauteur de l'exploit et cet animal failli ne jamais voir le jour. Heureusement qu'Apollonius lui apporta tous les soins appropriés pour que cet oisillon ne meurt pas dans l'œuf. Depuis ce jour ce Sphinx nommé Phix voit en Apollonius une véritable mère. Grâce à lui, elle pouvait déployer majestueusement ses ailes. Mais comme tout enfant illégitime, elle se devait de vivre cachée car celle-ci était la preuve vivante des dérives de son père de substitution qui risquait ainsi d'aller tout droit au cachot. C'est pourquoi elle affectionnait tout particulièrement les escapades nocturnes, plus par obligation que par choix. Cela lui assurait une meilleur discrétion. Cette nuit Apollonius venait d'ailleurs de lui donner son feu vert pour son décollage. Il lui avait même donné une mission vitale. Son rôle dans ce qui se tramait sur le plancher des vaches s'avérait capital et pour l'instant elle se contentait d'attendre le moment opportun pour entrer en scène. Elle ne savait pas si elle serait à la hauteur de la situation mais elle ferait de son mieux. Voir phix voler sous la clarté de la pleine lune relevait de la fantasmagorie. Mais quelle vision extraordinaire que ce buste de femme qui virevoltait en exécutant de larges cercles concentriques. Même si ses jambes ainsi que ses bras étaient des membres de lionne cela n'enlevait rien au spectacle. On se disait simplement que l'on n'aimerait pas tomber dans ses griffes. Elle se contentait de flotter dans les airs avec la grace d'une sirène a qui on aurait prêté des ailes. Euphorique, elle prit rapidement de l'altitude afin de s'éloigner du monde des Hommes qu'elle ne comprenait pas toujours. D'ailleurs si Phix avait dû formuler la fameuse énigme du Sphinx, elle aurait plutôt demander: Qui marche à pas de fourmi le matin, sur la tête à midi et à reculons le soir? Ou alors: Qui marche dans les arbres le matin, sur terre à midi et le soir dans la lune pour certains, sur Mars pour la plupart ? Est-ce pour cela qu'elle aimait voler dans la stratosphère? Pour se rapprocher des astres? Non de Mars qui représentait la destruction mais de la lune qui symbolisait le rêve? A moins que ce soit le manque d'oxygène qui la grise et lui donne l'impression de planer encore plus haut? Tout comme ces apnéistes qui sont confronter à l'ivresse des profondeurs. Comme si encore une fois les extrémités se rejoignaient pour ne former qu'une même entité. C'est alors que Phix se rendit compte qu'à cette altitude elle ne discernait plus grand chose de ce qui se passait en bas. Bien que doté d'une vision admirable, elle ne voyait qu'un léger éclat provenant du sol c'est pourquoi elle décida de plonger dans la brume qui inondait la voûte céleste. L'imperceptible impulsion qu'elle donna à ses ailes afin de s'élancer telle une flèche vers sa cible montrait à quel point elle se sentait dans les airs comme un poisson dans l'eau. Très vite le simple éclat se transforma en un scintillement dense. D'habitude, la nuit est propice à la léthargie mais cette lueur attestait bien d'une activité débordante. L'éclat de l'or a tendance a hypnotiser l'humain le rendant souvent aveugle sur son environnement proche. Est-ce dû à sa lumière? A la pureté qu'on lui attribue? Où a ses propriétés chimiques? Cela serait dur à déterminer, quoiqu'il en soit Phix ne s'arrêtait pas aux apparences et elle n'observait en bas non l'orfèvrerie de l'Ouroboros mais le bloc opératoire qu'il représentait. Car elle savait qu'il allait bientôt sortir des entrailles de Gaïa l'enfant Philosophale, celui qui rendra ses droits à la nature. Qui sous l'égide de Cernunnos rétablira la vérité. Quoi de plus beau qu'une naissance? Quoi de plus pur que la procréation? Si personne ne peut prétendre avoir assisté à la création du monde, Phix quant à elle pourra se vanter d'avoir vu celle d'une divinité. C'est pourquoi elle trépignait d'impatience et ne perdait pas une miette de la vision du puzzle qui prenait peu à peu forme. Car si il suffit à un homme et une femme à faire appel à son instinct de conservation pour se reproduire, il en fallait bien plus pour que cette procréation engendre le plus pur des diamants. En temps normal un plus un donne trois. Plus précisément le yin de la femme associé au Yang de l'homme est source de renouveau. Polarité qui en s'attirant naturellement devint banal. Et ce soir la numération allait changer, ce ne serra pas un plus un égale trois mais un plus vingt moins neuf égale trois. Un représentait Zosime, vingt les dix Sephiroth additionnées à leur fœtus et neuf celles qui allaient pâtir de cette équation improbable. Pour l'instant seul Zosime s'exhibait sur l'Ouroboros. Non qu'il soit nu, puisqu'il il portait la soutane noire des maitres alchimistes mais parce qu'il était pour l'instant le centre d'intérêt de la scène. Car tout autour de l'Ouroboros se tenaient ses apprentis qui formaient un large cercle en se tenant les mains et qui semblaient attendre religieusement le début de la cérémonie. Celle-ci commença à l'arrivée des dix Sephiroth qui se suivaient à la queue leu-leu. Elles aussi se pavanaient dans leurs soutanes austères, dépouillées de toute coquetterie. La protubérance de leur abdomen semblait indiquer qu'elles cachaient un trésor dans leur bas ventre, à moins que celles-ci aient été non engrosser mais engraisser afin d'enrichir leur hara. Tête basse, elles avançaient d'un pas cadencé, rythmé par le tambour qu'un alchimiste martelait sans ménagement. Lorsqu'elles arrivèrent à proximité des archimages qui formaient le cercle, ceux-ci rompirent un moment leur épicycle afin de les laisser entrer dans cette sphère close. Chacune pû alors rejoindre la place qui leur était attribué brisant ainsi le vecteur qu'elles formaient pour se placer à leur tour en orbite autour de l'autel central. Seule l'une d'entre elle s'introduisit au cœur même du dispositif comme si elle matérialisait le centre de gravité. Elles atteignirent leur objectif à l'unisson et stoppèrent leur marche en même temps que le tambour cessa de battre la cadence. Comme si le cœur d'un être vivant venait de rompre, l'harmonie parut se briser pour laisser place au néant. Même si Phix se trouvait trop haut pour entendre quoi que que ce soit, ce silence soudain ainsi que cet arrêt total d'activité sembla fossiliser le temps. Seul son vol attestait que celui-ci s'égrenait toujours et que seul la gravité sur l'Ouroboros s'était arrêtée. Un tel contraste rajoutait une effervescence supplémentaire digne des plus grand thriller. A tel point que Phix retenait son souffle. Elle observait fébrilement cette fresque humaine qui semblait prendre la pose pour une photo souvenir. Aussi longue, aussi grisante que ces séances photos des sorties d'église lors d'un mariage, qui font souvent clichées et qui a trop durée en deviennent presque acres tellement on est impatient de passer aux festivités. Qui ne s'avère salutaire que pour les jeunes mariés, seuls véritables acteurs de la cérémonie. Alors que dire du simple passant qui d'un œil curieux observe l'évènement ? Ou de celui qui vient pour gâcher la fête? Car Phix faisait partie de ces opportuns qui risquait de s'opposer à ce mariage. Elle avait le choix, soit de se lever et de se montrer à la lumière du jour, tout du moins de la lune, soit de se taire à jamais. C'est pourquoi dans l'attente du moment crucial, elle scrutait le moindre détail de cet office qui allait célébrer une nouvelle épiphanie. Est-ce pour cela que ce moment semblait s'éterniser? Combien de temps fallait-il pour qu'un sacrement soit pleinement sanctifié ? Et combien de minute un Sphinx pouvait t'il tenir en apnée avant de sortir la tête de l'eau pour remplir ses poumons d'un air salvateur ? Cette bouffée d'oxygène tant aspiré fut insufflée par Zosime lorsqu'il leva les deux bras au ciel afin de mettre fin à cette léthargie. Comme si ce geste était directement dédié à Phix qui les surplombait tous. Mais à cette distance seul l'œil aigu de cette chimère pouvait distinguer l'envers du décor. Il n'y avait qu'Apollonius qui pouvait imaginer celui-ci puisque dans les coulisses il s'avérait jouer le rôle du souffleur. Zosime exécuta donc cette action non pour le sphinx mais pour débuter la cérémonie. Comme d'un commun accord, les Sephiroth laissèrent tomber à leurs pieds leurs soutanes afin de s'afficher dans le plus simple des appareils. Totalement nues, l'incertitude quant à leur grossesse ne laissait plus place au doute. Ainsi révélée, leur beauté sautait au yeux. Non celle de leur visage puisque toute gestation farde les femmes du masque de grossesse mais celle de leurs corps qui sublimait le culte de la déesse mère. Le culte primitif de la fertilité inscrit au plus profond de nos gènes. Cet instinct ancestral qui magnifie une femme enceinte et nous la rend belle quelle que soit sa physionomie. Ce n'est pas pour rien d'ailleurs que les statuettes qui expriment cette déférence ont souvent un visage effacé puisque tout réside dans le reste du corps. Qui n'a jamais été émerveillé par les formes généreuses de ces sculptures, à la poitrine plantureuse, au ventre fortement arrondi ainsi qu'au galbe des hanches décrivant de larges courbes? Transformant cette enchevêtrement de bilboquet en véritable chef d'œuvre qui déconcerterait le plus pudique d'entre nous. Par contre ce qui était plus désorientant en ce qui concernait les Sephiroth, c'est que leur dévotion les obligeait à rester vierges jusqu'à l'aube de leur mort afin d'atteindre la Kabbale, la réception du vrai savoir. Quelle motivation pouvait ainsi les pousser à se révoquer elle-même de la sorte? C'est un peu comme si elles décidaient à se livrer au Seppuku. Mise à part qu'au lieu de se repentir, cela perturbait leur Gématria. D'autant plus que neuf d'entre elle allait se retrouver enfermer à jamais dans le corps de Zosime. D'après les Wicca, pour réussir à engendrer une déesse il fallait réunir neufs ki de fœtus dans un. Ce qui dans l'absolu représentait le chiffre dix. Dix, valeur ultime et nécessaire de la limite et de la forme, opposée à la non-limite et au chaos.* (wilkipédia) Symbolisant aussi les dix doigts de la mains qui permirent à l'homme de s'élever au sommet de la hiérarchie. Et pour réussir cette alchimie, Zosime allait se transformer en véritable Athanor, chaudron humain dans lequel allait se distiller les neufs ki des fœtus. Pour y parvenir il lui fallait d'abord absorber les neufs énergies vitales des mères et ce n'est qu'une fois celles-ci retirees qu'il pourra ensuite injecter les neufs ki primal dans le fœtus de la Sephiroth positionnée sur l'autel central. Le résultat de cette équation fera que Zosime se verra obligé de garder en lui les énergies vitales des adultes absorbés. Car pour que l'alchimie prenne, qu'un enfant d'une total pureté naisse, il ne fallait surtout pas que celui-ci soit irradié par la polarité d'un adulte mais reçoive seulement la neutralité d'un nouveau né. Comme tout discipline faisant appel aux forces de la nature, celle-ci possédait son éthique. Les Dix Nation n'acceptaient que la transmutation d'un fœtus vers l'adulte afin que celui-ci par l'absorption de cette énergie vitale voit sa vie prolonger. Ceux qui maitrisaient parfaitement la transmutation pouvait ainsi espérer une vie presque éternelle. L'inverse, la transmutation d'un adulte vers un nourrisson s'avérait beaucoup plus rare. Celle-ci se pratiquait lorsque le corps de l'intéressé devenait trop usé par les années, provoquant douleur et infirmité. Car lorsqu'on transmutait un adulte, on envoyait aussi son âme dans la cible sélectionnée. Cette âme avec de l'expérience pouvait alors aisément prendre le dessus sur celle du bébé non aguerri. Par contre il se pouvait que l'âme se perde dans les tréfonds du jouvenceau qui grandirais alors sans avoir la conscience d'une vie antérieure, un peu comme le principe de la réincarnation. C'est pourquoi cette transmutation était peu pratiquée, d'autant plus que celle-ci nécessitait l'intervention d'une tierce personne augmentant les risques d'échec. Car pour pouvoir faire transmuter son âme il fallait passer par l'Athanor d'un confrère et si celui-ci s'avérait médiocre on pouvait ne jamais en ressortir. Il fallait donc une confiance total en ses capacités. Si une éthique avait été dictée, c'était à cause des dérives passées. Les précurseurs de la transmutation, dans leur expérience absorbèrent tout ce qui fut permis. Aussi bien des adultes que des animaux. Il en résultat des effets indésirables d'une telle ampleur que cela plongea Gaïa dans une guerre sans merci entre archimages et sorciers. Un petit mage un peu plus « malin » que les autres comprit qu'en absorbant le ki d'un grand sorcier, on acquérait sa puissance. Par contre vu qu'il n'était pas assez expérimenté, les âmes des victimes arrivaient de temps en temps à prendre le dessus sur sa personnalité, ce qui l'entraîna dans une schizophrénie aigüe qui le poussa à utiliser les forces les plus destructrices de sa magie. S'ensuivit par la suite une surenchère dans les transmutations qui entraina quasi tous les archimages dans une folie meurtrière. Gaïa connu des temps meilleurs que lorsque ceux-ci finirent par tous s'entretuer, laissant place à une nouvelle société. Des rumeurs disent que certains de ces archimages ont survécu et parcours toujours Gaïa. Mais fort heureusement le propre de la rumeur est de s'avérer souvent erronée. Par contre ce n'était pas la première fois que Zosime pratiquait la transmutation chez l'adulte, c'est pourquoi gérer le Ki d'hôte indésirable dans son corps ne le dérangeait pas plus que ça. Il se sentait suffisamment fort pour que cela ne le pousse à la folie. D'autant plus qu'à ses yeux, l'âme des femmes se révélait subalterne à celle des hommes. Même si celles-ci appartenaient à des prêtresses Wicca seule société matriarcale de Gaïa. Pour lui, ce n'était pas parce que des donzelles essayaient d'imiter au mieux leur homologue qu'elles arrivaient à leur cheville. Il ne reconnaissait en elles que leur opiniâtré qui leur avait permis de former une nation rivalisant avec les autres. Car si Zosime prônait une société phallocrate, seule société respectant l'ordre des choses, l'ordre du darwinisme qui veut que ce soit les plus forts qui dictent leur loi, il détestait encore plus les Atoniens l'une des deux sociétés monothéistes de Gaïa. Il trouvait plus dégradant qu'un homme suive les lois édicter par un dieu qu'il ne voyait jamais que d'obéir à celles de la Geb Sephiroth, prêtresse mère Wicca contre qui on pouvait se retourner si on refusait l'autorité. Pour le moment Zosime avait besoin de la Geb Sephiroth. Même si elle n'avait pas daigné venir, c'était bien elle l'investigatrice de cette cérémonie. Son statut l'empêchait de s'afficher au château de celui-ci afin d'éviter toute rumeur et rester ainsi la plus discrete possible. Le moment venu, ce sera bien elle qui permettra la rencontre de Lilith avec Cernunnos. Zosime avait donc besoin d'elle tout comme la Geb Sephiroth avait besoin de lui pour ouvrir le bal. Pour cela, elle lui avait envoyé dix de ses prêtresses les plus angéliques afin qu'il puisse les enfanter. Si ces Sephiroth s'avéraient bel et bien enceintes, ce n'était pas du au fruit d'un quelconque amour platonique mais dun acte des plus charnel. Car Zosime fidèle à lui-même leur firent l'amour comme un animal. Il ne prit pas des pinces afin de déflorer ces jeunes pucelles mais plutôt un forceps. Tout paysan qui se respecte, lorsqu'il laboure une terre pour la première fois, le fait avec le respect qui lui est dû. Conscient que celle-ci va lui donner par la suite de quoi subvenir à ses besoins, une floraison qu'il faudra cueillir avec tout autant de délicatesse. Zosime lui, laboura ses parcelles sachant qu'il ne le ferait qu'une fois. A quoi bon alors chercher une réciprocité ? D'autant plus que ces prêtresses avaient fait vœux d'abstinence. Il est sûr que de la façon dont ont fit copuler ces novices, elles ne regrettaient en rien ce serment. Se disant qu'après tout, cet acte s'avère des plus bestial. Un proverbe dis: Dis moi qui tu hantes, je te dirais qui tu es. Mais ne devrait-il pas dire: dis moi comment tu fais l'amour je te dirais quel homme tu es. Car si ce qui différencie l'homme de l'animal est son intelligence, sa façon de faire l'amour le renvoie souvent à ses origines. Il s'avère d'ailleurs que plus un homme a du pouvoir, plus sa libido est élevée et plus il a besoin d'assouvir sa sexualité. Tout comme ces animaux dominants qui s'affrontent afin d'assoir leur autorité sur la basse-cour. Despotisme qui se retrouve dans la politique mis à part que le poulailler s'avère beaucoup plus bruyant. Par contre, l'avantage de la politique c'est que ce n'est pas forcement le plus grand, le plus fort qui remporte le combat mais le plus hargneux. Celui-ci peut très bien être petit, chétif et mettre une main sur son ventre. Si il arrive à prendre les rennes du pouvoir, il pourra alors s'assurer de la complaisance des plus belles filles. Une constante restera tout de même, il cherchera toujours à se grandir aux yeux des autres. Zosime ne dérogeait donc pas à la règle, faire l'amour ne lui apportait qu'un assouvissement personnel, une affirmation de son pouvoir. Espérons simplement pour lui, lorsqu'il absorbera les Sephiroth qu'elles ne lui donnent pas une part de leur féminité. A moins que celles-ci, cette fois-ci puisse réellement découvrir les sensations qu'un homme a lorsque il fait l'amour. Par contre n'ayant connu elles-mêmes qu'un acte sommaire, elles ne pourront jamais dire qui de l'homme ou de la femme connait la plus grande extase. Imaginez le moment fatidique qu'elle endurèrent lorsque Zosime leur arracha leur chemise afin de faire l'amour comme un chien le fait à une chienne... Peut être était-ce pour cela qu'elle se présentaient à cette cérémonie têtes basses, dans un sentiment de honte, d'avilissement? A moins que cette posture reflète la marque d'un profond respect sachant que leur sacrifice servira la cause de la féminité ? Faute d'avoir gémit de plaisir en faisant l'amour, les Sephiroth savaient que le cri primal de Lilith sera quant à lui un hymne à la fécondité. Que Lilith apporterait aux Wicca la puissance qui hisserait leur nation au panthéon des peuples. Que plus jamais un homme ne montera sur une femme mais que la femme dominera l'homme, retrouvant ainsi sa véritable place de déesse mère. Les desseins de Zosime étaient quant à eux plus sombres. Il espérait par la suite engrosser Lilith de la même manière que ses mères pour ensuite la transmuter à son tour. Il pensait qu'en absorbant une divinité ainsi que le fœtus possédant l'héritage génétique d'une déesse et d'un des plus grands mages, il deviendrait l'être le plus puissant sur Gaïa et découvrir ainsi le secret du monde des morts. Deux objectifs opposées qui encore une fois à cause de leur polarité se rejoignaient et assignaient un avenir plus ou moins tracé à un enfant encore en gestation. Combien de parents d'ailleurs, pour le bien être de leurs enfants imposent leur choix dans la certitude du bien fondé de leur décision. Sans prendre en compte la personnalité de celui-ci, sans se poser la question si le bonheur se trouve forcement dans celui que l'on a recherché ? Mettant de côté l'individualité afin d'entrer au service de la collectivité. Recherchant soit à nous cloner, soit à ce qu'il nous surpasse, qu'il excelle dans notre médiocrité. Et après on s'étonnera que chaque guerre, au lieu d'être la der des ders, surpasse la précédente en horreur? Trouvons nous là notre sanction à notre péché d'orgueil? L'enfer terrestre n'est-il pas le conséquence de notre comportement divin vis à vis de nos enfants? Et la divinité de Lilith suffira t'elle à rompre ce cercle vicieux, à faire que l'Eden revienne parmi les mortels ?

Les Wicca en avaient la certitude et Zosime quant à lui désirait simplement détrôner Dieu. C'est pourquoi lorsque il prit la parole, il le fit de manière solennelle, les deux bras toujours levés au ciel.

«  Chers confrères, nous sommes réunis cette nuit des treize lunes pour réaliser ce que personne n'a jamais osé faire. Le monde appartient aux audacieux et l'aube se lèvera sur une ère nouvelle. Chaque Nation pense détenir la vérité mais demain personne ne pourra contester l'évidence. Les Dix Nations seront dans l'obligation de prêter allégeance à Lilith. Et nous qui participons à sa résurrection en récolterons le fruit. Nos noms rentrerons dans les livres d'histoire comme étant ceux qui ont permis ce grand prodige. Que tous ceux qui doutent de cette certitude quittent cette assemblée! Car un tel événement ne peut souffrir de scepticisme! » Zosime effectua une pause et dévisagea chaque membre d'un œil inquisiteur afin de voir si quelqu'un désirait partir puis il rajouta:

« Car si nous sommes dans l'erreur, soyez sûr qu'au lieu d'encenser nos noms, les livres d'histoire nous décriront comme les plus grands hérétiques de ce siècle! Et croyez-moi, nous ne brillerons pas par nos lumière mais bien par les flammes de l'enfer! Notre sacerdoce nous condamne à la réussite si nous voulons éviter le bûcher! Vous pouvez encore vous sortir de ce guêpier si vous vous éclipsé. Il n'est pas trop tard. Par contre dès que l'Ouroboros commencera sa révolution, vous deviendrez tous des suppôt de Lilith! Prenez votre décision en connaissance de cause.» Il marqua une nouvelle pause avant de demander définitivement: «  Alors? Personne ne capitule? »A nouveau le silence prit place. Mais cette fois, il pesait sur l'assistance une gravité bien plus lourde. Tous savaient qui si l'un d'entre eux partait, il finirait sous les foudres de Zosime. Que celui-ci offrait cette alternative simplement pour tester la loyauté de ses hommes. Ils préféraient donc en toute négation affronter le risque du bûcher que la colère de leur maître. Trop de souffre-douleur étaient déjà passés entre ses mains pour que quiconque tente le diable. C'est alors que Zosime à l'orée du fanatisme commença l'office. Il vociféra: « Que l'Ouroboros ouvre une brèche céleste et que sa vie soit transporté parmi nous. » S'abattit alors sur le dos des minotaures non les foudres de l'enfer ou celle de Zosime mais les lanières mordantes des fouets . Ceux-ci claquèrent tel le tonnerre afin de lacérer le dos velu de ces hommes taureaux. Leur beuglement ne couvrit pas les crissements de l'Ouroboros qui se mettait en branle. Comme si cette machine s'éveillait de sa torpeur et se lamentait qu'on ne la laisse pas sommeiller tranquillement. Éperonner un tel amoncellement d'or demandait une force surhumaine et les muscles des minautores saillirent à s'en rompre. Les fouets avaient beau résonner en chœur avec le martèlement du tambour qui avait reprit du service, l'Ouroboros tournait à un rythme saccadé. Donnant l'impression que celui-ci était pris de spasme. Zosime comme pour lui faire un massage cardiaque projetait ses mains en avant plus vite que le tempo impulsé. Tel un chef d'orchestre qui désirait que le ton monte. Et les instruments suivirent la nouvelle mesure de ce métronome autoritaire illico presto. Les tambours battaient la chamade, les fouets claquèrent encore plus fort et ravivaient la circulation sanguine des minautores afin de leur donner l'explosivité nécessaire pour ranimer complètement l'Ouroboros. Dans un effort ultime les minautores parvinrent enfin a lui donner son rythme de croisière. Il n'y avait pas à dire, Zosime savait motiver ses troupes dans la plus pure des traditions: Celle de la terreur. Son adage préféré disait: Crains moi plus que Dieu ainsi lorsque tu arriveras à ton jugement dernier, tu pourras lui rire au nez. Il faisait référence encore une fois au Dieu des Atoniens dont il vomissait les préceptes. Trouvant que leur religion n'était vouée qu'à museler la tête du cerbère qui voyait l'avenir, laissant ainsi celle du passé prendre le dessus sur celle du présent. Les Atoniens récusaient la Transmutation prônant que seul Dieu pouvait prétendre à l'immortalité et que cela n'empêcherait en rien le jour de la rétribution. Autant dire que Zosime se trouvait aux antipodes de ces dogmes et Lilith allait définitivement leur cloué le bec. Ils iront rejoindre leur cerbère qui garde la porte de l'avenir fermé, obligé de partager une pitance ayant perdue sa substantifique moelle. Et Lilith crachera dans leur soupe une vérité impossible à digérer. Les propulsant dans un gouffre si profond qu'ils seront pris d'un vertige frénétique. Le même qu'éprouvait actuellement Zosime à cause de l'Ouroboros qui tournait de plus en plus vite. Mais au lieu de le desservir, cela allait l'aider à entrer en transe plus facilement.

Les dix Sephiroth portèrent à leur bouche, un verre en argent incrusté de pierres précieuses. Elles burent l'Alkalhest qui permettrait à Zosime à maîtriser plus facilement leur Ki. Elle ne s'encombrèrent pas de bienséance lorsque leur verre fut vide, elles le jetèrent tout simplement à leur pied. Zosime bu aussi une concoctions particulière. Par contre contrairement aux Sephiroth, sa boisson lui servirait plus à renforcer son Ki et à le plonger dans une catalepsie favorisant son athanor. Il ferma les yeux comme pour mieux s'approprier les effets du breuvage. Lorsqu'il les rouvrit à nouveaux, il semblait habité par un thermodynamisme surnaturel. Plus les secondes passaient, plus ses yeux s'assombrissaient. Telle une Gorgone il donnait l'impression de pouvoir pétrifier quiconque le regarderait. Par intermittence, il était secoué de soubresauts et puis soudain... Il projeta ses bras au ciel une nouvelle fois et observa la lune comme pour l'inviter à la cérémonie. Il entonna alors la formule de la table d'emmeraude:

Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses ont été et sont venues dun, par la méditation dun : ainsi toutes les choses ont été nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune est sa mère, le vent la portée dans son ventre ; la Terre est sa nourrice. Le père de tout le telesme de tout le monde est ici. Sa force ou puissance est entière, si elle est convertie en terre. » Il marqua une pause afin que ses mots résonnent dans l'esprit de tout le monde puis il reprit:

« Tu sépareras la terre du feu, le subtil de lépais doucement, avec grande industrie. Il monte de la terre au ciel et derechef il descend en terre et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire de tout le monde ; et pour cela toute obscurité senfuira de toi. C'est la force forte de toute force : car elle vaincra toute chose subtile, et pénétrera toute chose solide. Ainsi le monde a été créé. De ceci seront et sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen en est ici. » Il tendit alors la main à la Sephiroth qui attendait devant l'autel central. Elle lui rétrocéda sa main comme si Zosime lui rendait par ce geste toute la considération qu'il n'avait pas su donner en lui faisant l'amour. Il l'épaula afin qu'elle puisse s'allonger sur l'autel le plus confortablement possible. Elle écarta les jambes sans aucune indécence devant l'assistance qui l'observait car il se reflétait dans leur regard une vénération aveugle. Déployée de tous son long sur la quartz brut de l'autel, elle se sentait aussi adulée qu'une reine sur son trône. Avant de reprendre ses distance et sa messe, Zosime effectua une révérence en l'honneur de cette nymphe. Ensuite, il finit de réciter la formule de la table d'émeraude avec tout autant d'entrain: « Cest pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie de tout le monde. Ce que jai dit de l'opération du soleil est accompli, et parachevé. »

A la fin de ce récital mystique, tous les alchimistes scandèrent en chœur: LILITH...LILITH...LILITH... tandis que Zosime fermait à nouveau ses yeux.

Bien que la magie règne sur Gaïa, ce n'est pas un monde de conte de fée. Si Zosime utilisait la formule de la table d'émeraude et que ses alchimistes hélaient le nom de celle qu'ils voulaient ressusciter, cela ne faisait partie que du folklore. La magie étant régie par les quatres éléments et la gestion de son Ki, n'était donc pas tributaire de formule magique. Ce cérémonial permettait simplement à favoriser la transcendance et à doper la concentration. Car on ne peut toucher au Yin sans que cela ne provoque une réaction en chaine. D'autant plus que si Zosime ne maitrisait pas le trou énergétique qu'il allait ouvrir avec l'Ouroboros, il risquait de créer un trou noir qui absorberait tout sur son passage. On n'était pas en train de jouer avec des allumettes mais avec un brasier ardent. Par contre le résultat se révélerait à la hauteur des moyens mis en œuvre permettant ainsi de tutoyer les dieux en créant l'un des leurs. l'Ouroboros tournait à présent à plein régime et tous attendait que Zosime commence son alchimie. Lorsque il ouvrit les yeux, tous savaient qu'il débutait les transmutations car ceux-ci étaient complètement révulsés dans leurs orbites. Il ouvrit la bouche et ses doigts à nouveau tendu au ciel commençaient a trembler fortement comme si il était atteint subitement de la maladie de parkinson. Les neuf Sephiroth positionnées en cercle furent prisent aussi du même tremblement mis à part que tout leur corps tressautait de convulsion. De leur bouche et de leur narines commençaient à sortir leur flux énergétique. Une aura impalpable telle une brume qui se levait semblait relier Zosime aux neuf Sephiroth. Cette émanation paraissait mue par un courant qui partait de l'extrémité pour relier le centre. Vu la rotation de l'Ouroboros cela semblait agir à l'inverse de la force centrifuge. Cette contradiction rendit la scène complètement irréel digne du plus grand tour de prestidigitation mais ce que voyait phix en altitude était bel et bien réel. Elle fut émerveillée de voir à quoi ressemblait une âme. Quand bien même on pouvait appeler cela une âme, phix ne doutait pas un instant que cette brume charriait des esprits. Lorsque cette nébulosité s'atténua en un simple filet comme une rivière qui s'assécherait, les neuf Sephiroth tombèrent au sol. Elles s'écroulèrent complètement désarticulées telles des marionnettes auxquelles on aurait subitement coupé les fils. Tous comme la question quant à leur grossesse ne se posait plus, celle de savoir si il coulait encore un brun de vie en elles devenait évident. La première véritable phase de conception de Lilith venait de se parachever. Les fouets claquèrent alors plus fort pour faire passer la vitesse supérieure à l'Ouroboros. Zosime ferma une nouvelle fois les yeux pour se recentrer sur lui-même. Il devait gérer les dix huit Ki qu'il venait d'absorber et chercher à enfouir ceux des Sephiroth au plus profond de son corps afin de se concentrer exclusivement sur le Ki des neuf fœtus. Lorsque ceux-ci tournèrent en cycle fermé, il put continuer l'opération. Mais cette fois, il resta les yeux clos et n'ouvrit que la bouche. Il émit une légère complainte afin d'expulser plus facilement les neufs énergies primales vers la Sephiroth allongée sur l'autel central. Il transpirait à grosse goutte comme si il brulait de milles feu et oh.... chose étrange.... Il paraissait vieillir subitement, se flétrir de l'intérieur. Tel le phénix, non pour renaitre de ses cendres mais simplement pour faire appel au divin. Une fois les neufs Ki intégrés au fœtus mère, il ne lui restait plus quune opération à réaliser. Mais il était à bout de force, au bord de lapoplexie. Peut être avait-il été trop présomptueux. Peut être narriverait-il pas à finaliser cette conception. Si prêt du but, il devait absolument se ressaisir. Il fallait à tout prix quil sidentifie à ces prématurés qui au commencement de leur vie devaient se battre plus que les autres pour survivre. Qui malgré leur prématurité se battaient envers et contre tout pour hurler à la face du monde que la vie est plus forte que tout. Zosime rassembla donc ses dernières forces pour provoquer laccouchement qui devait voir le jour la nuit des treize lunes afin que le Yin se mêle au Yang. Que leur union façonne le plus pur des diamants qui absorbera la lumière du jour et reflétera celle des astres. Soudain la dernière Sephiroth fut prise à son tour de convulsion. Elle hurla tel une louve quon éventre. Elle avait limpression quon lui trifouillait les entrailles. Jamais elle ne connu douleur plus grande. Au lieu de lui porter secours, tous les alchimistes scandèrent plus fort le nom de celle qui voyait le jour: LILITH…LILITH…LILITH… comme pour aider cette prêtresse dans sa poussée. Un assistant était venu prendre place auprès de lautel afin de récupérer lenfant philosophale. Il attendait stoïquement les bras tendus entre lentre deux jambes de la Wicca. La souffrance de celle-ci le laissait coït, seul la venue de Lilith lobnubilait. Et enfin il aperçut la tête du bébé. Il éprouva la même allégresse quun naufragé perdu neuf mois en mer et qui toucherait enfin terre. Mais sa joie fut de courte durée comme si il venait dans sa précipitation de se jeter dans des sables mouvants car lenfant qui venait de naitre se révélait mort né.

Un sentiment de panique se propagea immédiatement dans l'assistance. Tous surent leurs efforts vains. Tous se demandèrent si Zosime ne les avait pas mené en bateau depuis le début. Jusquà présent, la puissance qui émanait de lui distillait une foi à toute épreuve. Mais ce soir il paraissait exténué. Il se tenait difficilement debout. Par amour propre, il résistait à la tentation de s'affaler au sol. Il devait faire face, faire croire qu'il était en pleine possession de ses moyens afin que cet échec ne saborde pas le navire par la base et que tous les rats ne quittent celui-ci au plus vite. Gaïa ne s'est pas formée en un jour. Zosime n'appartenait pas à la catégorie d'homme qui abandonne au premier échec. Un naufrage faute de le servir, nourrissait toujours son obstination comme un requin qui se délecterait d'une carcasse. Il affrontait donc les regards de ses apprentis, tout en les défiants. Quand soudain un cri retenti dans la fraicheur de cette nuit de pleine lune. Il déchira le linceul qui avait recouvert les abords de l'Ouroboros. L'Homme nait dans la douleur. Le cri primal est à la fois l'expression de celle-ci mais surtout le déclencheur de la circulation du Ki. Lorsque celui-ci se libère, il permet à l'enfant de se passer du monde liquide dans lequel il subsistait jusqu'à maintenant. Cette première bouffée d'oxygène s'avère aussi angoissante que si on nous plongeait la tête sous l'eau pour apprendre à respirer dans l'élément qui nous a vu naitre. Mais cette délivrance, première émancipation d'un homme se répercuta immédiatement sur l'assistance et libéra du même coup une liesse phénoménale. Spontanément, tous oublièrent leur moment de doute et se mirent à faire échos à ce cri. Heureusement que les terres du mage Zosime étaient reculées sinon ce tapage nocturne aurait forcement annoncé la venu de Lilith au reste de Gaïa. Tous les Alchimiste présent hurlaient bras levés au ciel, poings fermés:

Lilith...Lilith...Lilith... Zosime pût enfin se laisser aller et mis genoux à terre. Il prit appui sur ses mains afin de pouvoir relever la tête et contempler la scène. Son assistant avait prit Lilith à bout de bras et l'exhibait à ses admirateurs. Mais les pleurs de lenfant prouvaient seulement son existence, non sa divinité. Rien ne certifiait que l'expérience avait portée ses fruits mais lorsque celui-ci déploya ses ailes, le doute ne fut plus permis. Au départ recroquevillée sur elle-même, ses ailes s'étirèrent lascivement jusqu'à à atteindre son envergure maximale. Elles ressemblaient à celles des chauves-souris membraneuses avec ses nervures qui leur donnaient de l'ampleur. Devant cette parade nuptiale entre l'homme et la divinité, les convives encensèrent non plus la création mais le créateur. Il se mirent alors à scander: Zosime...Zosime...Zosime... Seul Apollonius resta muet, se disant simplement: Ce fou y est arrivé. Sous son apprentissage depuis sa plus tendre enfance, celui-ci vit la santé mentale de son mentor décliner de jour en jour. Si il adulait Zosime à ses débuts, il prit ses distances lorsqu'il comprit que celui-ci se dirigeait de plus en plus vers l'obscurantisme. Il avait la certitude qu'un jour Zosime payerait ses dérives et il ne voulait pas tomber avec lui. Car ce soir son maitre venait de faire appel au divin et les ailes qui apparaissaient sur l'enfant philosophale était la preuve que cet appel avait été entendu. Résonant comme le glas du bon sens mais aussi comme une profanation dont chaque membre présent se rendait coupable. On venait de frapper une nouvelle fois aux portes de l'enfer mais cette fois la herse risquait de ne jamais se refermer. Quoiqu'il en soit une telle résurrection allait attirer toutes les convoitises et créer un déséquilibre dans la polarité de l'univers. Pensant ce projet irréalisable, Apollonius n'avait jamais véritablement adhéré à l'entreprise. C'est pour cela qu'il joua sur les deux tableaux et qu'à présent il se trouvait acculé à la trahison. Devant ce succès inopiné, il fut pris d'un dernier moment de doute avant de se décider à donner le signal. Il empoigna discrètement un petit miroir qu'il positionna face à la lune afin qu'un léger scintillement perce les ténèbres. Il effectua plusieurs mouvement de circonduction afin de signaler que cette lueur était mue par la main de l'homme puis il s'éclipsa. Lorsque Phix aperçut ce miroitement, elle reconnut le signal et se précipita dans sa direction. Tout comme un guerrier qui part au combat sans réfléchir, elle ne douta pas une seconde du bien fondé de sa cause. Même si pour cela elle devait y laisser des plumes, elle était prête à sacrifier sa vie pour les siens. Par les siens, elle entendait les O.G.M. Organisme génétiquement modifié. Elle savait Lilith en danger dans les griffes de Zosime et elle comptait bien l'en extraire, même si pour cela Lilith devait se retrouver propulsée dans d'autres griffes. Afin de ne pas déchiqueter ce bébé encore fragile, Phix devait à tout prix maitriser ses gestes à la perfection. La serrer ni trop fort ni pas assez. D'autant plus qu'elle devait gérer sa vitesse en même temps. Car plus les secondes passaient plus celle-ci devenait effréné. Lorsqu'elle arriva à proximité de Lilith, elle fendait l'aire comme un navire déchire l'écume des mers. Et lorsqu'elle l'arracha des bras de sa nurse temporaire, elle déclencha un véritable raz de marée. L'effet de surprise fut total, l'assistant de Zosime se retrouvait les bras tendus dans le vide à courir après un oiseau de malheur qu'il ne pouvait pas rattraper. Quant à Zosime dans l'incapacité de pouvoir agir, il vit la scène au ralenti. Il eut l'impression que Phix lui arrachait le cœur car cette chimère Kidnappait sous ses yeux non son enfant mais ses dix rejetons. Il cria en tendant la main: Nooooonnnnn! Sa négation fut une longue mélopée qui résonna au plus profond de son corps. Il ne put alors Contrôler ses sentiments et se mit à pleurer à chaudes larmes. Une telle quantité jaillissait de ses yeux que cela embrumait complètement sa vision. Jamais homme navait secrété autant de liquide lacrymal. Peut être que derrière cette carapace de fer, se cachait un être dune extrême sensibilité ? A moins que la part de féminité des 9 Sephiroth ne le submerge déjà avec ce flot de larmes engendrées par la prolactine, hormone responsable de la lactation. Lorsque Phix regarda au dessus de son épaule pour vérifier que personne ne se trouve dans ses pattes et quelle vit la détresse de Zosime, elle fut un moment attendri. Voir un homme pleurer est toujours pour une femme source dambivalence. Celle-ci trouvera toujours remarquable lexpression de ce sentiment mais elle ne lacceptera que chez celui qui ne vit pas avec elle. Étrange contradiction de constater que cette humanité on ne laccepte que chez les autres et quon se la refuse comme un fruit défendu. De peur peut être quen croquant dedans on se rende compte que le nectar a plutôt un gout insipide ou que sous les apparences cette pomme ne renferme un vers qui la ronge de lintérieur. Ce qui s'avérait doublement le cas pour Zosime puisque dans ses entrailles pleuraient neufs mères mortes nées et que lui pleurait en Lilith non sa fille mais sa chance de se hisser au niveau des dieux. Sinon jamais il naurait conçu un être voué au même sort que Phix. Dont la différence physique l'obligerait à vivre reclus pour ne pas subir le regard indiscret des gens dit normaux. Cest pourquoi dans sa réflexion Phix se demanda si il était raisonnable d'emmener Lilith auprès d'autre hommes. Si il ne valait pas mieux qu'elle se retire avec elle au sommet de la plus haute montagne. Leur différence commune leur donnait une affinité puissante presque à la limite de la filiation. Phix se prit alors à rêver d'être la seule et unique mère de cet enfant. Pourtant elle n'avait prit aucun produit narcotique. Est-ce le magnétisme de l'enfant philosophale qui faisait qu'on voulait se l'approprier quelle quen soit les conséquences? Ou Phix était-elle toujours grisé par l'ivresse de l'altitude? Elle finit par se résonner et laissa de côté sa soudaine envie de maternité sachant qu'elle ne ferait qu'initier un des péché réservé à l'Homme: Lenvie. Le fait qu'elle puisse voler devait la mettre à l'abri d'une telle bassesse. Elle se résolu donc à suivre les ordres quon lui avait donné. Malgré qu'elle ne sache pas l'avenir que l'on réservait à cet enfant, elle le regarda d'un œil protecteur et lui dit: « Ne t'inquiète pas Lilith. Tu ne peux pas encore te servir de tes ailes, je te prête donc les miennes. »

Mais si Phix n'était pas qu'une subalterne et qu'elle sache effectivement le sort réservé à sa protégée, jamais elle n'aurait prononcé cette phrase. Et peut être aurait-elle suivi son instinct. Zosime lui, vociféra toute sa colère et ordonna à ce qu'on lui ramène immédiatement son enfant avec la tête d'Apollonius en prime, ainsi que celle de son Sphinx. Si lhomme nait dans la douleur, il y a des naissances qui engendrent des affres que seules plusieurs générations réussiront à résorber. Et sans le savoir tous les protagonistes de cette expérience, se hasardant dans une science occulte venait douvrir une seule et unique porte dont chaque descendant de Gaïa se verra un jour obligé de franchir. Même lorsque après tant de génération, tout le monde pensera celle-ci fermée à jamais. Car la vie est un éternel recommencement et que lHomme en est son plus gros adjuvant.

Par Cochise - Publié dans : Lilith ou l'enfant philosophale
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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /Fév /2010 20:51

Voici un lien intéressant. Ce message m'a parlé. Ce message a ouvert mon esprit d'indien. Et une fois que vous aurez lu cette lettre alors après .... mon esprit parlera.

http://www.educationsansfrontieres.org/article25383.html

La lettre ouverte est magnifique. Je n’aurais même pas la de prétention de devenir l’ami d’un tel homme, même si cela me ferrais extrement plaisir. Mais hélas, sa lettre d’une vérité plus qu’à flore de peau n’est qu’une pierre jeté à l’eau. Enfin à l’océan …. Jamais un certain petit nicolas n’aura le plaisir de lire cette lettre …. Enfin ce témoignage qui ne peut que nous rendre modeste… même si elle lui était adressé...  Au petit nicolas … ses secrétaires prêtent à sucer le cigare la bloqueront en se disant qu’elle est inutile. Qu’une simple pierre jeté dans la marre … enfin dans l’océan …. n ‘est qu’une pierre … C’est bien là le problème , c’est que nos dirigeants , de droite ou de gauche …. sont sur une autre planète … celle du pouvoir, celle des apparences où le titre a plus d’importance que le vécu …. enfin, on vit tous …. Même notre petit nicolas mais leur vision de la vie est à l’opposé de celle qui nous susurre qu’on est tous humain …. Qouiqu’il en soit, je suis fière de ma condition humaine car moi, grâce à la personne qui m'a fait lire cette lettre …. me sens fier d’être humain car même si ceux qui nous dirigent sont à l’ouest, je sais qu’à l’est … je ne suis pas seul

Par Cochise - Publié dans : humour
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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /Fév /2010 15:44

Lorsque les gouvernants utilisent l'arme de la diabolisation c'est dans l'espoir de détourner nos regards sur notre condition humaine. Que ce soit la grippe porcinette ou le voile intégral, ceci n'a pour objectif que de draper d'une burka notre sens critique, de donner un placebo au peuple afin de lui faire croire qu'on s'occupe de sa personne. Face à cette terrible réalitée se cache les maux de notre société, face à cette obscurantisme le silence ne peut punir l'insolence de nos seigneurs.
Voici donc les élucubrations d'un français de base un peu apache sur les bords qui apportera certainement de l'eau à nos moulins à vent.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Par les-chroniques-de-cochise.over-blog.com - Publié dans : humour
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Lilith ou l'enfant philosophal

Voici le début d'une histoire. Actuellement les trois premiers chapitres sont écrit. Allé dans la catégorie Lilith ou l'enfant philosophal afin d'avoir les chapitres dans le bon ordre. N'hésité pas à laisser vos impressions ainsi que vos commentaire afin de savoir si vous désiré voir la suite publié. Faite aussi passer le message à votre voisin afin de me motiver à creer la suite.

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